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Le programme de santé mentale en ligne
Les troubles alimentaires |
Qu'est-ce qu'un trouble alimentaire ?
Les troubles alimentaires (appelés aussi troubles de l'alimentation) ne naissent pas de simples préoccupations concernant son apparence physique, du désir de paraître mince ou d'un besoin d'attention. Ce sont des problèmes de santé mentale sérieux qui sont habituellement liés à des difficultés émotionnelles et à une faible estime de soi. Les troubles alimentaires sont souvent un moyen de composer avec des sentiments difficiles et douloureux. En fixant son attention sur son poids, les calories et l'exercice, la personne atteinte parvient à se distancer du noyau de ses difficultés. La colère, la peur, le deuil, la tristesse et la douleur sont des sentiments qui font très peur. Les troubles alimentaires servent en quelque sorte d'anesthésie affective. En négligeant ses sensations physiques et insistant sur la privation de soi et les restrictions, l'anorexique faiblit tellement qu'elle finit par ne rien éprouver ou presque. Son organisme risque alors de libérer des endorphines (produits chimiques naturels qui sont libérés durant les moments de stress ou les traumas) qui la laissent étourdie et euphorique. Cette euphorie peut être très rassurante. La boulimique tente quant à elle de se débarrasser de ses sentiments douloureux en faisant des purges. Après s'être purgée, elle se sent « nettoyée » et éprouve une espèce d'euphorie naturelle causée par la libération de produits chimiques dans son corps. Ces maladies anesthésiantes causent de graves dommages physiques et psychologiques. Elles risquent aussi d'avoir un impact important sur les relations et les facultés cognitives de la femme touchée. Les troubles alimentaires mettent la vie des victimes en péril, et une aide professionnelle est souvent nécessaire pour s'en sortir.
Troubles alimentaires : une préoccupation de santé importante pour les femmes
Bien que les troubles alimentaires touchent à la fois des femmes et des hommes, les femmes comptent pour plus de 90 pour cent des cas. Les troubles alimentaires soulèvent des préoccupations sérieuses, tant pour la santé physique que mentale. Voici quelques statistiques :
- 1,5 pour cent des femmes âgées de 15 à 24 ans auraient un trouble alimentaire;
- les troubles alimentaires frappent le plus souvent durant la transition entre l'adolescence et l'âge adulte;
- la boulimie dure en moyenne 8,3 ans;
- l'anorexie mentale affiche le taux de mortalité le plus élevé de toutes les maladies psychiatriques; on estime que 10 pour cent des personnes touchées en mourront.
Cercle vicieux
La recherche nous montre qu'il existe une relation entre certains traits de personnalité et de tempérament et une vulnérabilité accrue aux troubles alimentaires. L'anxiété, le perfectionnisme et les traits obsessionnels poussent certaines personnes à vouloir gérer leur stress en adoptant des habitudes alimentaires malsaines (régimes restrictifs, hyperphagie [manger beaucoup en très peu de temps], purges, etc.). Lorsque l'alimentation restrictive et le duo hyperphagie-purge deviennent chroniques, ils entraînent des changements neurobiologiques qui renforcent le déni, l'entêtement et la dépression, ainsi que l'anxiété, le perfectionnisme et les traits obsessionnels. Face à l'intensification de ces symptômes, la vulnérabilité de la personne touchée s'accroît, et elle tente de nouveau de gérer ses sentiments par des habitudes alimentaires malsaines. Le résultat est un cercle vicieux : l'augmentation de la vulnérabilité entraîne des comportements d'adaptation mésadaptés qui causent des changements neurobiologiques qui renforcent la vulnérabilité... etc.
Pour beaucoup de personnes souffrant d'anorexie, l'alimentation restrictive est utile pour réduire et gérer la dépression. Ce constat laisse croire que les troubles alimentaires ne sont pas simplement des problèmes d'ordre diététique, mais plutôt des comportements qui se développent pour contrôler des sentiments sous-jacents. Par exemple, la recherche nous montre que l'hyperphagie procure aux boulimiques un soulagement par rapport à leurs sentiments négatifs. Ainsi, les deux extrêmes – alimentation restrictive et hyperphagie boulimique – aident à gérer les sentiments difficiles à court terme. Cette stratégie donne toutefois lieu à des changements neurobiologiques qui augmentent les sentiments pénibles, ainsi qu'à de nombreuses complications psychologiques et physiques.
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