Les maladies du cœur
Nos experts invités du mois du fevrier 2010 étaient Jennifer Price et le Dr Leonard Sternberg de la Women’s Cardiovascular Health Initiative du Women’s College Hospital à Toronto.
Jennifer Price est infirmière en pratique avancée à la Women’s Cardiovascular Health Initiative du Women’s College Hospital de Toronto, où elle se spécialise en cardiologie. Elle détient une maîtrise en sciences infirmières (MScN), ainsi qu’un certificat d’infirmière praticienne en soins actifs de l’University of Toronto. Elle est affiliée à l’Association des infirmières et infirmiers du Canada à titre d’infirmière agréée en soins cardiovasculaires. À l’heure actuelle, Jennifer est candidate au doctorat en sciences infirmières à l’University of Toronto et titulaire d’une bourse de recherche doctorale de la Fondation des maladies du cœur. Sa recherche porte sur les cardiopathies chez les femmes et la réadaptation cardiaque. Elle s’emploie à développer des méthodes de prestation des soins susceptibles d’améliorer la fréquentation des programmes de réadaptation cardiaque, ainsi que des interventions susceptibles d’améliorer l’accès des femmes à ce genre de programmes.
Le Dr Leonard Sternberg est chef de cardiologie au Women’s College Hospital, ainsi que directeur de la Women’s Cardiovascular Health Initiative et du programme de réadaptation cardiaque. En 1996, il a fondé la Women’s Cardiovascular Health Initiative du Women’s College Hospital, premier programme de réadaptation cardiaque en Amérique du Nord conçu spécifiquement pour répondre aux besoins des femmes atteintes de maladies cardiaques. Le Dr Sternberg participe activement aux programmes visant la promotion de la santé cardiovasculaire et la prévention des maladies du cœur. À titre de chercheur, il s’intéresse à tous les aspects de la cardiopathie ischémique, de la prévention au traitement en passant par les soins ambulatoires. Il joue un rôle de sensibilisation indispensable en ce qui a trait à la vulnérabilité des femmes aux maladies du cœur au Canada.
Voici les réponses à vos questions sur les maladies du cœur.
Q : Si j’avais une maladie du cœur, comment je le saurais ?
R : Souvent, les maladies du cœur ne causent pas de symptômes, mais il y a des signes à surveiller. Une sensation de douleur ou d’inconfort dans la poitrine ou le bras peut être un symptôme de cardiopathie (maladie du cœur) ou un signe avertisseur d’une crise cardiaque. L’essoufflement (vous avez de la difficulté à respirer), l’étourdissement, la nausée, des battements de cœur anormaux ou une grande fatigue sont d’autres signes possibles. Consultez votre médecin si vous avez un de ces symptômes. Dites-lui que vous vous inquiétez de l’état de votre cœur. Votre médecin établira votre historique médical, vous examinera et vous fera peut-être subir quelques tests.
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Q : Quels sont les signes d’une crise cardiaque ?
R : Le signe avertisseur le plus courant d’une crise cardiaque est le suivant, tant chez les femmes que chez les hommes :
- De la douleur ou une sensation d’inconfort au milieu de la poitrine. La douleur ou l’inconfort peut être léger ou sévère. La sensation peut durer plusieurs minutes ou encore disparaître pour revenir plus tard.
Les autres signes courants d’une crise cardiaque comprennent les suivants :
- douleur ou inconfort dans un bras ou les deux, le dos, le cou, la mâchoire ou l’estomac
- essoufflement (vous avez l’impression de ne pas pouvoir inhaler suffisamment d’air), souvent avant ou en même temps que la douleur ou l’inconfort à la poitrine
- nausée ou vomissements
- étourdissement ou vertige
- sueurs froides
Ces signes ont tendance à se manifester plus souvent chez les femmes que chez les hommes, surtout l’essoufflement, la nausée et les vomissements et la douleur au dos, au cou ou à la mâchoire. Les femmes sont également plus susceptibles de présenter des signes moins courants d’une crise cardiaque, dont les suivants :
- brûlures d’estomac
- perte de l’appétit
- fatigue ou faiblesse
- toux
- palpitations cardiaques
Dans certains cas, les signes d’une crise cardiaque surviennent soudainement, mais ils peuvent aussi se développer lentement sur une période de quelques heures, quelques jours ou même quelques semaines avant que la crise cardiaque n’ait lieu.
Plus vous présentez de signes avertisseurs d’une crise cardiaque, plus il est probable que vous en faites une. De plus, si vous avez déjà eu une crise cardiaque, vos symptômes pourraient être différents la prochaine fois. Si vous croyez faire une crise cardiaque, consultez votre médecin, même si vous n’êtes pas certaine.
Si vous croyez souffrir d’une crise cardiaque – ou si un proche en fait une – il ne faut pas attendre plus de cinq minutes avant de composer le 911.
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Q : : À quel endroit les femmes qui vivent loin de Toronto peuvent-elles aller pour obtenir tous les soins offerts à la Women’s Cardiovascular Health du Women’s College Hospital ? Où puis-je obtenir de l’information sur des études récentes décrivant les moyens d’améliorer ma santé cardiaque ?
R : Il existe d’excellents programmes de réadaptation cardiaque un peu partout en Ontario. La Cardiac Health Foundation peut vous aider à en trouver un près de chez vous.
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Q : Existe-t-il des remèdes naturels pour le traitement de la sténose aortique ?
R : La sténose aortique se produit lorsque la valvule sigmoïde de l’aorte se rétrécit. Ce rétrécissement empêche la valvule de s’ouvrir complètement, obstruant le flux sanguin vers l’aorte et le reste du corps.
Lorsque la valvule sigmoïde est obstruée, le cœur a besoin de pomper plus fort pour envoyer du sang vers toutes les parties du corps. Ce travail supplémentaire finit par affaiblir le cœur et la quantité de sang pompée s’en trouve limitée, ce qui entraîne nombre de symptômes tels que la fatigue et le vertige.
Si votre sténose aortique est grave, vous devrez probablement subir une chirurgie pour remplacer la valvule. Faute de traitement, la sténose aortique peut entraîner de graves problèmes cardiaques. À notre connaissance, il n’existe aucun remède naturel contre la sténose aortique.
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Q : Quelle est la différence entre un cardiologue et un chirurgien vasculaire ?
R : Le cardiologue s’occupe de votre cœur. Son travail consiste entre autres à diagnostiquer les troubles et les maladies cardiaques. Certains cardiologues effectuent des angiogrammes (test diagnostic permettant d’évaluer les artères coronaires) ou des angioplasties (intervention consistant à déboucher les artères coronaires obstruées). Le chirurgien vasculaire effectue des opérations sur plusieurs artères et veines différentes du corps, mais non sur les artères coronaires. C’est le chirurgien cardiovasculaire qui s’occupe des opérations touchant le cœur et les artères coronaires.
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Q : J’ai passé un examen physique avant d’être admise à l’hôpital pour une chirurgie sur mon épaule. Mon médecin de famille a entendu un drôle de son dans les veines de mon cou. Âgée de 49 ans, je ne fais pas d’hypertension, d’hypercholestérolémie ou de diabète. Je pèse deux ou trois kilos de trop, je fais de l’exercice et il n’y a pas de maladies du cœur dans ma famille. Je dois subir une analyse Doppler plus tard ce mois. J’éprouve des fois une sensation de serrement du côté droit de ma poitrine. L’année dernière, j’ai fait une épreuve d’effort qui a révélé que j’étais en très bonne santé. On a attribué l’inconfort que je ressentais à un excès de zèle au gym. Quelles questions devrais-je poser à mon omnipraticien ?
R : Il est possible que votre médecin de famille ait choisi de faire une analyse Doppler carotidienne pour déterminer s’il y a un blocage de vos artères carotides. N’oubliez pas de demander à votre médecin de vous en expliquer les résultats et de vous dire si d’autres mesures sont indiquées. Demandez-lui si vous êtes assez en santé pour subir la chirurgie sur votre épaule.
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Q : Je suis une femmes de 63 ans qui prend des médicaments pour l’hypertension et le cholestérol. J’ai récemment subi une évaluation cardiaque qui consistait en un échocardiogramme et une épreuve d’effort. On m’a dit que j’avais des « problèmes liés à l’âge », mais que mon cœur était malgré tout en bonne condition. Qu’est-ce que cela veut dire ?
R : Malheureusement, je ne pourrais deviner ce que votre médecin a voulu dire, mais nous savons que l’âge est un facteur de risque de cardiopathie – plus on vieillit, plus on risque de développer une maladie du cœur ou l’hypertension.
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Q : Quel est le taux de récurrence de la fibrillation auriculaire à la suite d’une cardioversion qui a permis de rétablir le rythme sinusal? (NDLR : La cardioversion est une brève intervention qui consiste à livrer une décharge électrique au cœur afin de rétablir un rythme cardiaque normal.)
R : La fibrillation auriculaire est un rythme cardiaque irrégulier, souvent rapide, qui réduit habituellement la circulation sanguine dans le corps, causant nombre de symptômes, dont palpitations cardiaques, essoufflement et faiblesse.
Le taux de récurrence de la fibrillation auriculaire va de 10 à 90 pour cent, selon qu’il s’agit d’un premier épisode ou d’un problème chronique. D’autres facteurs jouent un rôle aussi, notamment la prise de médicaments pour contrôler la fibrillation auriculaire, ainsi que les causes sous-jacentes du problème.
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Q : Si les maladies du cœur sont courantes dans ma famille, est-ce que je devrais prendre des médicaments anticholestérol même si mes taux de cholestérol et d’autres lipides sanguins sont normaux ?
R : Chaque personne est différente et doit être traitée en conséquence. Votre médecin évaluera vos facteurs de risque de maladies cardiaques et votre taux de cholestérol actuel afin de déterminer si la prise d’un médicament est indiquée pour abaisser votre cholestérol sanguin. Si vos taux de cholestérol se situent dans la fourchette normale et que vos antécédents familiaux sont votre seul facteur de risque, la prise d’un agent anticholestérol n’est pas recommandée. Toutefois, il est important de maintenir un poids santé en suivant le Guide alimentaire canadien et en faisant de l’exercice, afin de continuer de vivre en bonne santé.
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Q : Je souffre de polyarthrite rhumatoïde. Même si j’ai 62 ans, mes médecins ne me proposent jamais de stratégies préventives contre les maladies du cœur parce que nous avons tant d’autres sujets à aborder lors de mes rendez-vous. Croyez-vous que l’aspirine à faible dose soit indiquée pour les femmes ? J’ai lu quelque part qu’elle était plus efficace chez les hommes. Je prends déjà des AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens); l’aspirine serait-elle un choix logique pour moi ?
R : La pertinence d’un traitement à l’aspirine dépendra de vos risques de cardiopathie et d’AVC. Les facteurs de risque de crise cardiaque et d’AVC comprennent les suivants :
- tabagisme
- hypertension — tension systolique de 140 millimètres de mercure (mm Hg) ou plus, ou tension diastolique de 90 mm Hg ou plus
- cholestérol total de 240 mg/dL (6,22 mmol/L) ou plus
- lipoprotéine de faible densité (le « mauvais » cholestérol) de 130 mg/dL (3,68 mmol/L) ou plus
- manque d’exercice
- diabète
- stress
- consommation de plus de deux verres d’alcool par jour pour les hommes, un verre pour les femmes
- antécédents familiaux d’AVC ou de crise cardiaque
Si vous avez déjà eu une crise cardiaque ou un AVC, votre médecin vous a probablement proposé de prendre de l’aspirine pour prévenir un deuxième épisode.
Si vous présentez de nombreux facteurs de risque mais n’avez pas encore eu de crise cardiaque ou d’AVC, un traitement quotidien à l’aspirine pourrait s’avérer bénéfique. Mais il faut d’abord vérifier auprès de votre médecin que vous ne souffrez d’aucune affection médicale qui rendrait la prise d’aspirine dangereuse pour vous.
Les contre-indications à la prise d’aspirine comprennent les suivantes :
- trouble de saignement ou de coagulation (vous saignez facilement)
- asthme
- ulcère d’estomac
- insuffisance cardiaque
Il est également important d’aviser votre médecin de tous les autres médicaments ou suppléments que vous prenez, même si ce n’est que de l’ibuprofène. La prise d’aspirine et d’ibuprofène en même temps réduit les bienfaits de l’aspirine. Si vous prenez de l’aspirine avec d’autres anticoagulants comme la warfarine (Coumadin), vous augmenterez grandement vos risques de saignement. De plus, le risque de saignement attribuable à un ulcère gastroduodénal est également plus élevé si vous prenez des AINS et de l’aspirine en même temps – c’est déconseillé.
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Q : Pourquoi les symptômes d’une crise cardiaque sont-ils différents chez les deux sexes ?
R : Nous n’avons pas de réponse précise à cette question. Il se peut que l’origine des différences réside dans des déterminants physiologiques, notamment les hormones, ou encore dans la façon dont les deux sexes perçoivent la douleur.
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Q : J’ai entendu dire que toutes les personnes âgées devraient prendre des statines. J’ai 70 ans et ne fais pas de cholestérol, mais je prends quatre pilules différentes pour l’hypertension. On m’a dit que certains médecins recommandaient que tout le monde prenne des statines pour réduire leur taux de cholestérol, mais je n’ai pas envie de prendre d’autres pilules et je m’inquiète des effets secondaires. Quelle est votre opinion ? Est-il possible de prendre de la niacine à la place, ou s’agit-il d’une statine aussi ?
R : Chaque personne est différente et doit être traitée en conséquence. Votre médecin évaluera vos facteurs de risque de maladies cardiaques et votre taux de cholestérol actuel afin de déterminer si la prise d’un médicament est indiquée pour abaisser votre cholestérol sanguin. La niacine et les statines réduisent toutes deux le cholestérol sanguin, mais leurs mécanismes d’action sont différents. Et elles causent toutes deux des effets secondaires qui doivent être surveillées de façon continue chez les personnes recevant ces médicaments.
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Q : Je suis dans la fin soixantaine. Du côté de mon père, tout le monde a eu une crise cardiaque ou souffrait d’angine dès le début de la soixantaine. On m’avait évalué et déterminé que mon risque de cardiopathie était élevé, mais mon risque est considéré comme faible depuis que j’ai perdu du poids et que j’ai commencé à faire plus d’exercice. Il n’empêche que je me sens comme une bombe à retardement. Existe-t-il des tests que je peux passer pour prévoir une crise cardiaque ou faut-il que je me résigne à attendre que cela m’arrive ?
R : La meilleure stratégie consiste à parler à votre médecin. Vous évaluerez ensemble vos facteurs de risque coronaires, et votre médecin vous parlera de vos symptômes. À votre âge, vous devriez faire mesurer annuellement votre tour de taille, votre tension artérielle, votre glycémie et votre cholestérol. Les résultats de ces mesures détermineront si d’autre tests sont indiqués, tels qu’une épreuve d’effort sur tapis roulant ou un échocardiogramme (ultrasons du cœur).
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Q : Qu’est-ce qu’une épreuve d’effort au juste ? Faut-il prendre des médicaments ? Qui est présent dans la salle ? Ça dure combien de temps ?
R : Une épreuve d’effort (test de stress) aide votre médecin à déterminer comment votre cœur réagit au travail. Lorsque vous faites de l’exercice, votre corps et votre cœur travaillent plus fort. L’épreuve d’effort permet de voir si le flux sanguin vers le muscle cardiaque est suffisant. Ce test nous aide aussi à déterminer quels genres d’exercices vous devriez faire, et en quelle quantité.
Typiquement, lors d’une épreuve d’effort, le patient marche sur un tapis roulant pendant qu’on surveille son rythme cardiaque et sa tension artérielle. D’ordinaire, le test est supervisé par un médecin avec le soutien d’un technicien. Le test lui-même dure environ 10 à 15 minutes, mais il faut aussi prévoir 10 minutes pour attacher l’appareil de surveillance cardiaque et vérifier la tension artérielle avant le test, alors il faut s’attendre à une demi-heure au total.
On a recours à des médicaments lors de certains types d’épreuves d’effort, mais uniquement si vous êtes incapable de faire de l’exercice. Lorsqu’un médicament est utilisé, il sert à « stresser » le cœur de manière semblable à la marche sur le tapis roulant. Un médecin sera présent pour administrer le médicament. Ce genre de test peut durer plus longtemps.
Il existe aussi le test nucléaire ou l’échocardiographie d’effort. Ces méthodes pourraient fournir plus de données. L’échocardiographie d’effort prend plus d’une heure et le test nucléaire s’effectue en deux étapes et peut prendre jusqu’à une demi-journée.
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