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En août 2008, l’expert invité de la rubrique du Club intitulée Demandez à l’expert était le Dr Marek Gawel, un neurologue au Women’s College Hospital, au Sunnybrook Health Sciences Centre et au Rouge Valley Health System, professeur associé en médecine (neurologie) à l’University of Toronto, et président du Réseau canadien des céphalées, une ressource Web destinée aux patients.

Le Dr Gawel a reçu son diplôme en médecine de la Cambridge University en 1971. À la suite de son internat, il a completé une résidence en neurochirurgie, en médecine et en neurologie à Cambridge puis à Vancouver. En 1975, il s’est affilié au Charing Cross Hospital à titre de chercheur en neurologie et est devenu ensuite conférencier en neurologie au même hôpital. Durant cette même période, il travaillait à la Princess Margaret Headache Clinic et s’est vu décerner le prix Harold Wolff en 1981.

En 1987, le Dr Gawel s’est joint à l’équipe du Sunnybrook and Women’s College Health Sciences Centre à titre de neurologue consultant. Il a siégé au comité d’éducation professionnelle de la Fondation des maladies du cœur de l’Ontario de 1984 à 1996. En plus de participer à plusieurs essais cliniques sur les céphalées, l’accident vasculaire cérébral et la sclérose latérale amyotrophique, le Dr Gawel a fait des recherches sur le débit sanguin cérébral dans les cas d’algie vasculaire de la face.

Il a présidé l’édition 1995 du congrès de l’International Headache Society à Toronto et est ancien vice-président de la Migraine Association of Canada et ancien président de la Canadian Headache Society.

Le Dr Gawel a signé 46 publications sur la migraine et est coauteur des Guidelines for the Diagnosis and Management of Migraine in Clinical Practice (Lignes directrices sur le diagnostic et la prise en charge de la migraine dans la pratique clinique). Il s’intéresse également à la sclérose latérale amyotrophique et est fondateur de la clinique neuromusculaire du Sunnybrook Health Sciences Centre.

Voici les réponses du Dr Gawel à vos questions au sujet de la migraine :

Q : Le temps qu’il fait a-t-il des effets sur la migraine ?

R : De nombreuses études ont établi un lien entre les changements de temps et le déclenchement de la migraine. L’une d’entre elles effectuée dans la région sud-est de l’Ontario, par Nursall et Phillips, a montré que le déclenchement des maux de tête était lié à un type particulier de conditions météorologiques (Phase 4, il va pleuvoir ou neiger, nuages bas) mais non à la pression atmosphérique.

Une étude à Calgary a établi un lien entre la migraine et une certaine vitesse du vent (plus de 38 km/heure) durant un chinook. Une étude provenant d’Ottawa n’a pas pu établir de lien entre les visites à l’urgence et une quelconque variation des conditions du temps.

La tendance à impliquer le temps varie également d’un pays à l’autre, par exemple en Belgique – où le temps varie beaucoup – les patients ne blâment presque jamais le temps.

Un autre facteur sur lequel on jette souvent le blâme est la pression barométrique, mais cela n’a jamais été confirmé par des études, et il ne faut pas oublier que la pression dans la cabine d’un avion est plus basse que n’importe quelle pression jamais enregistrée au sol.

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Q : Existe-t-il de nouvelles modalités pour traiter le syndrome de la douleur liée au nerf occipital crânien, qui est identique à la douleur de la migraine, mais pire ? Le seul traitement que j’ai reçu a été des injections de Marcaine au crâne.

R : La névralgie cervico-occipitale est encore traitée par injection d’anesthésique local et de Depomedrol autour du nerf occipital, non au crâne. Une résection chirurgicale du ganglion rachidien C2 peut être effectuée en cas de résistance au traitement. Les médicaments tels que Lyrica ou Neurontin peuvent également aider.

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Q : Mon mari a maintenant eu peut-être sa cinquième migraine « oculaire » depuis l’hiver dernier. Pendant qu’il essaye de reconnaître les symptômes, il est parfois difficile de déterminer quand la crise est sur le point de se déclarer d’une manière aussi subite. Que peut-on faire avant et durant l’une de ses crises migraineuses ? Il a maintenant 33 ans et n’a pas d’antécédents de maux de tête. Devrions-nous nous en inquiéter ? Devrions-nous insister pour que son médecin de famille l’envoie voir un spécialiste ? Merci beaucoup de votre attention.

R : Par migraine oculaire, voulez-vous dire une migraine avec aura ? L’aura est un trouble visuel tel que l’apparition d’un cercle scintillant ou la perte d’une partie du champ visuel pendant environ 20 minutes, suivie du mal de tête. Parfois, des personnes ont ce qui s’appelle une migraine ophtalmologique lorsqu’elles ont une diplopie ou vision double. Il est important que je sache de quel type vous parlez. La migraine avec aura est parfois associée à un petit orifice du cœur appelé foramen ovale perméable (FOP). Je m’intéresse aux patients ayant cette affection dans la mesure où nous menons une recherche sur les liens entre ces deux types de migraine.

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Q : J’ai des maux de tête et des migraines depuis aussi longtemps que je peux m’en souvenir. Cela vient du côté de la famille de ma mère. Son père en a eu, l’une de ses sœurs en a, ainsi que l’un de ses frères et tous les enfants de son frère. Je suis le seul enfant de huit qui en a constamment, comme ma mère. Je me demande comment trouver une façon de les gérer. J’ai seulement presque 19 ans et je ne sais pas à qui m’adresser précisément pour ce problème.

R : C’est là une grosse question, et le meilleur moyen de vous aider que j’ai est de vous orienter vers le site Web du Réseau canadien des céphalées (HNC). Il s’agit d’un site Web que nous avons mis sur pied en collaboration avec la Canadian Headache Society (CHS) comme une ressource pour les patients. Nous prévoyons en faire une ressource pour les médecins également. La migraine se retrouve effectivement au niveau des familles. Pour l’une de ses formes, appelée migraine hémiplégique familiale, on a pu établir un rapport avec le gène CACNA 1 (canal calcique) localisé sur le chromosome 19. Il est possible d’avoir une souris génétiquement modifiée qui a des tremblements et qui semble avoir des céphalées. (Ceci est connu sous le nom de souris « wobbler »).

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Q : J’ai entendu dire que le Botox est utilisé avec succès pour soulager la douleur de migraine. Est-ce vrai ?

R : Au cours des huit dernières années, nous avons mené quatre études sur le Botox avec les maux de tête, certaines d’entre elles à Women’s College Hospital. Le résultat a été qu’il n’existe aucun bienfait que l’on puisse démontrer dans l’utilisation du Botox pour traiter les maux de tête de tension ou la migraine épisodique (moins de 14 crises par mois).

Il y a, cependant, des bienfaits à l’utiliser pour traiter la migraine chronique. Le problème est que la réponse placebo (aux injections salines) est très élevée, de sorte que le Botox doit avoir un effet thérapeutique très élevé pour s’avérer mieux que le placebo.

Toutefois, j’ai eu des patients qui sont revenus pour obtenir du Botox tous les trois mois pendant des années. Le mode d’action est incertain, mais il bloque probablement la fixation des synaptosomes porteurs du gène de calcitonine lié au peptide (CGRP – Calcitonin Gene related Peptide), un puissant transmetteur du système de douleur à la membrane synaptique, qui empêche la transmission des impulsions de douleur. Le site Web intitulé The Neurotoxin Institute fournit beaucoup d’information sur ce sujet.

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Q : La première migraine que j’aie jamais eue s’est manifestée quand j’avais 27 ans, alors que j’étais enceinte de six semaines. Le vin est également un facteur déclencheur pour moi, mais en grande partie, les éléments déclencheurs semblent être d’origine hormonale. Maintenant, je commence à avoir des symptômes de ménopause (à l’âge de 52 ans). Pourrais-je m’attendre à moins de migraines en période postménopause ? Pourquoi les migraines, dans certains cas diminuent-elles, une fois que les femmes sont en postménopause ?

R : Les migraines sont souvent liées aux fluctuations hormonales. En période de périménopause, elles sont liées à la baisse des estrogènes. Elles peuvent empirer à la ménopause et s’améliorer par la suite, bien que les raisons exactes ne soient pas connues.

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Q : Est-il vrai que la douleur de la migraine est toujours limitée à une moitié de la tête ? La douleur de migraine peut-elle provoquer une douleur à l’œil ou aux yeux ?

R : La migraine est souvent ressentie sur un côté de la tête; certains disent que le nom vient du terme « hémicrânie », qui est souvent employé pour décrire un mal de tête touchant un côté de la tête. Cependant, les migraines peuvent également toucher toute la tête. Les nerfs qui transmettent les sensations dans la tête, et la partie supérieure de l’extérieur, représentent la première division du nerf trijumeau, qui est le nerf ophtalmique (de l’œil). Ainsi, les sensations provenant de la tête peuvent être considérées comme situées derrière l’œil.

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Q : J’ai 48 ans, je suis en pré-ménopause, je prends encore des anovulants et j’ai des migraines depuis environ 2 ans. J’avais eu des épisodes de migraine dans la vingtaine (avec l’impression de perte de vue) mais rien entre les deux périodes. J’ai essayé des méthodes douces pour en venir à bout, soit l'acupuncture, l’homéopathie, les massages et aussi la chiropratique mais il n’y a que la médication qui fonctionne : Maxalt et depuis peu Imitrex (car l’autre fonctionnait moins bien). Par contre, quand je lis les mises en garde sur les boîtes des médicaments, je m’inquiète car il y a dans ma famille beaucoup de cas de maladie du cœur et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC)... je cherche d'autres alternatives. Que pouvez-vous me suggérer ? Est-ce que je peux espérer qu’elles disparaîtront comme elles l’ont déjà fait ?

R : Les médicaments que vous utilisez entrent dans la catégorie des médicaments appelés triptans. Ils peuvent entraîner une contraction des vaisseaux sanguins, y compris ceux du cœur. Une méta-analyse récente a démontré le caractère généralement sécuritaire de ces médicaments, bien que toute personne ayant définitivement des antécédents de maladie du cœur doive les éviter. Les autres solutions de rechange comprennent les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme Naproxen.

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Q : Parfois, j’ai l’impression d’avoir le nez bouché lorsque je vais avoir la migraine, et j’ai ensuite le nez qui coule lorsque l’intensité du mal de tête commence à baisser. Est-ce courant ? Je présume qu’il s’agit de migraines parce que les maux sont intenses; je vois des auréoles autour des lumières; je suis sensible à la lumière et aux bruits; j’ai la nausée; etc. Cependant, parfois, il m’est impossible de faire la différence entre une céphalée due à la sinusite et une migraine. Existe-t-il des distinctions marquantes précises entre les deux ? Un traitement conçu pour l’une de ces affections peut-il aider à lutter contre les symptômes de l’autre ?

R : Les symptômes autonomes, tels que l’écoulement de larmes et le nez qui coule, se manifestent effectivement dans de nombreux syndromes de céphalées. Beaucoup de maux de tête appelés « sinusites » sont en fait des migraines et réagissent aux médicaments contre la migraine. Il existe un chevauchement de symptômes, mais la migraine à d’autres caractéristiques telles que la sensibilité à la lumière et aux bruits. Certains médicaments conçus pour la sinusite, comme les médicaments antihistaminiques, peuvent également aider contre la migraine.

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Q : Je souffre de migraines depuis la puberté, et j’ai maintenant 44 ans. Les maux de tête ont presque disparu. Plus récemment, j’ai ressenti un violent mal de tête au moment de l’orgasme. La plupart du temps, cela mène à une migraine qui dure plusieurs heures. Je fais de l’hypertension, mais elle est bien contrôlée avec Avalide. Pourriez-vous me dire pourquoi cela se produit, et ce que je dois faire à ce sujet ?

R : Vous décrivez la céphalée orgasmique ou à l’effort. Cela peut venir de nulle part, pour des raisons inconnues, mais vous devez exclure l’anévrisme intracrânien ou d’autres anomalies artérielles. Cela serait déterminé soit avec l’imagerie par résonnance magnétique (IRM) ou l’angiographie CT.

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