Notre expert invité du mois d’août 2009 était le Dr Steven Narod, directeur de la Familial Breast Cancer Research Unit au Women’s College Research Institute.
Le Dr Narod est une sommité dans le domaine de la recherche sur le cancer du sein. Ses travaux actuels visent à traduire nos connaissances sur les cancers héréditaires en stratégies préventives et thérapeutiques efficaces contre le cancer du sein et le cancer de l’ovaire. Ses études de recherche portent autant sur des femmes issues de familles porteuses de mutations génétiques liées au cancer du sein que sur des femmes n’ayant pas de telles mutations. Dans ses projets actuels, il étudie, entre autres, les facteurs de risque associés aux cancers héréditaires du sein et de l’ovaire, le rôle joué par les mutations BRCA2 dans le cancer de l’ovaire et le lien entre les mutations du gène CHK2 et le cancer du sein.
Voici les réponses à vos questions sur le cancer du sein.
Q : Récemment, on a diagnostiqué un cancer du sein relativement avancé chez ma mère, qui a 59 ans. Soucieuse de protéger ma propre santé, j’ai parlé à un professionnel de la santé au sujet de la mammographie (j’ai 29 ans). On m’a expliqué que la mammographie était rarement utile chez les jeunes femmes parce que la densité des tissus mammaires rend difficile la détection des bosses. C’est un peu décourageant vu que les femmes se font constamment dire qu’elles doivent être vigilantes par rapport à leur santé. À votre avis, à quel moment est-il raisonnable de demander une mammographie si on a des antécédents familiaux de cancer ? À quel âge et à quels intervalles devrais-je en subir une ?
R : Je suis d’accord avec votre médecin. Le fait que votre mère soit atteinte d’un cancer du sein à l’âge de 59 ans ne veut pas dire que votre risque est élevé. Si d’autres membres de votre famille ont eu un cancer du sein ou de l’ovaire, vous devriez consulter un conseiller en génétique. L’IRM est en train de devenir la norme de soins pour les femmes qui courent un risque élevé de cancer du sein.
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Q : Quel est le lien entre les contraceptifs oraux et le risque de cancer du sein ? J’ai entendu dire des choses contradictoires à ce sujet. Aussi, existe-t-il un lien entre la durée (nombre d’années) de l’usage de contraceptifs oraux et le risque de cancer du sein ? Le risque diminue-t-il lorsqu’on cesse de prendre la pilule ? Merci pour votre aide.
R : Il y a un faible lien entre l’usage de contraceptifs oraux et le cancer du sein, mais l’augmentation globale du risque est très modeste. De façon générale, les femmes qui prennent la pilule ne devraient pas croire qu’elles courent un risque élevé, et celles qui présentent d’autres facteurs de risque n’ont pas besoin d’éviter la pilule.
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Q : Je crois comprendre que les seins fibrokystiques (une affection bénigne) ont tendance à être causés par un taux élevé d’estrogène et que les femmes touchées ont tendance à avoir des seins plus denses. Les femmes aux seins fibrokystiques sont-elles plus sujettes au cancer du sein ? Y a-t-il des mesures précises que ces femmes peuvent prendre pour prévenir le cancer du sein ?
R : Le fait d’avoir des seins fibrokystiques n’augmente pas votre risque de cancer du sein.
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Q : Ma mère est morte d’un cancer du sein. Elle était à la fois négative pour le récepteur des estrogènes (RE-négative) et le récepteur de la progestérone (RP-négative). On ne faisait pas de test pour la HER2 à cette époque-là. J’ai un cancer du sein triple négatif. Mon médecin refuse de me tester pour le gène BRCA. Je doute qu’une simple coïncidence puisse expliquer qu’une mère et sa fille soient toutes deux atteintes d’un cancer RE-négatif. Pensez-vous que je devrais être testée ? (J’avais 57 ans au moment du diagnostic et ma mère, 63 ans.)
R : À en juger par vos antécédents familiaux, les risques que vous soyez porteuse d’une mutation génétique sont faibles (environ 5 pour cent). Compte tenu de ce niveau de risque, certains médecins recommanderaient que vous soyez testé et d’autres pas. En Ontario, vous ne seriez pas jugée admissible au dépistage génétique à moins qu’il y ait d’autres cancers dans votre famille.
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Q : J’ai 60 ans. J’ai eu un cancer de l’utérus il y a trois ans. Je suis guérie maintenant grâce à une hystérectomie totale. Je continue d’avoir des bouffées de chaleur intenses, donc mon médecin m’a prescrit de nouveau de l’estrogène et de la progestérone. J’en prends la dose minimale et mes bouffées de chaleur semblent avoir été éliminées. Mon risque de cancer va-t-il augmenter à cause de cette hormonothérapie ? Pendant combien de temps devrais-je poursuivre mon traitement ?
R : Dans la plupart des cas, les femmes se font offrir de l’estrogène sans progestérone après une hystérectomie. Il semble que l’estrogène n’ait pas d’impact sur le risque de cancer du sein lorsqu’il est utilisé seul. Je vous recommande de demander à votre médecin si la progestérone est nécessaire.
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Q : Quand vous conseillez les femmes porteuses du gène BRCA, leur faites-vous des recommandations d’ordre nutritionnel ? Participez-vous à des recherches sur le lien entre l’alimentation et la prévention du cancer ? Vous arrive-t-il d’adresser vos patientes à une diététiste dans votre hôpital pour une consultation exhaustive ?
R : Je regrette qu’il n’y ait pas beaucoup d’information à ce sujet. Personnellement, je recommande la prise de vitamine D, et nous effectuons présentement des recherches sur le DIM (diindolylméthane), un composé présent dans le brocoli et d’autres légumes.
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Q : J’ai 52 ans. La semaine dernière, j’ai découvert une bosse dans mon sein gauche qui fait 4 cm sur 2 cm. On m’a diagnostiqué une mastite fibrokystique. Quelles sont les précautions et les soins recommandés dans un tel cas ?
R : Désolé, ceci n’est pas mon domaine d’expertise. Je vous recommande d’en parler avec votre chirurgien. La mastite fibrokystique n’est pas un facteur de risque pour le cancer du sein.
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Q : Les carcinomes in situ sont-ils héréditaires ?
R : Non.
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Q : Ma mère a eu un cancer du sein à l’âge de 79 ans. Est-ce que je dois m’inquiéter pour moi-même ? Mon risque est-il plus élevé que celui d’une femme dont la mère n’a jamais eu de cancer du sein ?
R : Si votre mère de 79 ans est la seule femme touchée dans votre famille, votre risque de cancer du sein n’est pas plus élevé.
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Q : Quel genre d’hormonothérapie convient le mieux à une femme porteuse du gène BRCA2 qui n’a pas de cancer mais dont la ménopause a été induite par la chirurgie ?
R : Le traitement sera choisi en fonction des symptômes que vous essayez de contrôler. Il reste cependant que l’hormonothérapie n’est pas un facteur de risque pour le cancer du sein chez les femmes porteuses du BRCA2.
Q : J’ai 46 ans. Je suis préménopausique depuis un an environ. J’ai des seins fibrokystiques et je souffre de sueurs nocturnes et d’insomnie. Mon médecin m’a proposé une hormonothérapie. Je voudrais savoir si un tel traitement augmente le risque de cancer du sein ou pas.
R : L’utilisation à long terme (10 ans ou plus) d’une combinaison d’estrogène et de progestérone est un facteur de risque. Toutefois, il semble que l’estrogène seul soit sans danger.
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