En avril 2008, l’expert invité de la rubrique du Club intitulée Demandez à l’expert était le Dr Eric Leith.
Le Dr Eric Leith se spécialise dans les allergies et l'immunologie clinique et est affilié au Women's College Hospital, au département de médecine de l'Université de Toronto et à l'Oakville Trafalgar Memorial Hospital (Halton Healthcare).
Il est président de la Fondation canadienne d'allergie, d'asthme et d'immunologie (FCAAI) et siège au conseil d'administration d'AllerGen (NCE), ainsi qu'à l'exécutif de la Société canadienne d'allergie et d'immunologie clinique (SCAIC) et de la Allergy, Asthma and Immunology Society of Ontario (AAISO). Il est également conseiller médical chez Anaphylaxie Canada et pair-évaluateur en allergie et immunologie clinique au Collège des médecins et chirurgiens de l'Ontario (CMCO).
Le Dr Leith est ancien président de la Société canadienne d'allergie et d'immunologie clinique (SCAIC), ancien directeur médical du département de médecine de l'Oakville Trafalgar Memorial Hospital, ancien membre du conseil d'examen en allergie et immunologie clinique du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et ancien président de la section des allergies et de l'immunologie clinique de l'Association médicale de l'Ontario.
Voici les réponses du Dr Leith à vos questions au sujet des allergies :
Q : Suis-je la seule ou est-ce que ceci arrive à tout le monde ? Quand je mange des ananas, des cerises, des pommes ou des pêches, j’ai la gorge qui se met à enfler ou à picoter. La sensation est légère mais ça fait que je n’ai pas envie de manger des fruits.
R : Le syndrome d’allergie orale est décrit chez les patients allergiques au pollen qui ont une réaction croisée à des allergènes alimentaires. Les symptômes comprennent habituellement des démangeaisons ou une enflure légère de la muqueuse orale des lèvres, de la bouche, de la langue et de la gorge. Dans des cas rares, le problème s’aggrave et est décrit comme une anaphylaxie plutôt que comme un syndrome d’allergie orale.
Les patients allergiques au pollen de bouleau peuvent réagir à certains fruits comme les pommes, les prunes et les pêches, alors que les patients allergiques à l’herbe à poux ont tendance à réagir au melon d’eau. Si les aliments sont cuits, les patients peuvent habituellement les manger sans problème puisque la cuisson change la structure de l’allergène, de sorte qu’il n’y a plus de réactivité croisée. Toutefois, les patients présentant une allergie alimentaire et un risque d’anaphylaxie, comme les patients allergiques aux arachides par exemple, auront une réaction même si l’allergène alimentaire est cuit. Certains allergologues prescrivent de l’épinéphrine injectable pour qu’elle soit à la disposition des patients en cas de besoin.
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Q : Y a-t-il des produits naturels qu’on peut prendre avant la saison des allergies pour atténuer ou prévenir les symptômes ?
R : Il existe des traitements bien établis pour les patients souffrant d’allergies saisonnières, y compris les antihistaminiques oraux (non sédatifs de deuxième génération), les corticostéroïdes intranasaux et les gouttes oculaires antiallergiques. Pour les patients ayant des antécédents d’allergies saisonnières confirmées par tests cutanés et qui ne répondent pas aux thérapies médicales, il y a l’option de l’immunothérapie.
Des études de recherche scientifiques se poursuivent sur des options de traitement futures. Il reste que plusieurs patients cherchent des traitements alternatifs qui, faute d’études scientifiques, n’ont pas encore fait leurs preuves et ne peuvent donc être recommandés.
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Q: Y a-t-il des nouvelles au sujet de l’œdème de Quincke ? J’ai reçu ce diagnostic il y a plusieurs années après avoir été examinée par un allergologue. Je n’ai jamais réussi à éviter les déclencheurs parce que je ne les connais pas. J’ai eu des épisodes dernièrement après des pluies printanières.
On m’a conseillé la prise quotidienne d’Allegra parce que mes épisodes étaient tellement fréquents. Cela m’a aidé mais, après quelques années, j’ai recommencé à avoir des épisodes malgré l’usage d’Allegra (au visage, sur la langue, enflure des membres). On dirait que j’ai acquis une tolérance à ce médicament. La fréquence des épisodes de cette maladie change-t-elle avec l’âge ? Benadryl est efficace aussi mais ce médicament m’épuise terriblement. Y a-t-il une autre option ?
R : L’œdème de Quincke est une affection inflammatoire de la peau et des muqueuses qui peut être associée à l’urticaire. Parmi les causes possibles, mentionnons : les médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS); les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IECA); les infections; les piqûres venimeuses; les anomalies des organes lymphatiques et l’œdème de Quincke héréditaire ou acquis.
À la suite d’une interrogation exhaustive et d’un examen approprié, des investigations sont envisagées pour déterminer les affections sous-jacentes. Chez certains patients, aucune cause n’est trouvée et le problème est donc qualifié d’œdème de Quincke idiopathique. Le traitement consiste à éliminer toute affection sous-jacente qui pourrait causer ou exacerber l’œdème et à administrer des antihistaminiques (non sédatifs de deuxième génération de préférence) ou des corticostéroïdes. S’il y a un risque d’anaphylaxie ou d’atteinte des voies respiratoires, l’épinéphrine injectable peut être gardée à portée de main pour les urgences. Chez certains patients, l’affection est très limitante, alors que chez d’autres, l’œdème de Quincke est chronique et épisodique.
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Q : Pourriez-vous expliquer la différence entre une allergie et une sensibilité ? Pourquoi les tests de dépistage des allergies ne réussissent-ils pas à détecter les sensibilités ? Faut-il prendre les sensibilités aussi sérieusement que les allergies ?
R : Une réaction allergique (hypersensibilité de type 1) implique un allergène auquel le patient a été sensibilisé et un anticorps IgE spécifique qui se fixe à l’allergène par liaison covalente, ce qui provoque la dégranulation des mastocytes et des basophiles.
Cela donne lieu à la libération de l’histamine et d’autres médiateurs formés et préformés qui attirent subséquemment d’autres cellules inflammatoires et des cytokines afin de propager la réaction inflammatoire allergique.
Le terme sensibilité est utilisé de plusieurs façons pour décrire l’observation d’événements dont le mécanisme est différent ou mal compris. Les termes sensibilité et allergie sont parfois utilisés non par des allergologues mais par les profanes pour décrire des situations.
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Q : Quel est le meilleur traitement pour une allergie au pollen de l’herbe ? Il semble que la seule période de l’année où je souffre d’allergies soit la mi-juin au début juillet. Des fois, les symptômes sont assez graves, surtout quand c’est humide et venteux. Je trouve que les antiallergiques en vente libre me rendent plus malade. J’ai entendu dire que les remèdes homéopathiques et les plantes médicinales chinoises étaient efficaces pour certaines personnes.
R : Comme j’ai mentionné ci-haut, le traitement d’une allergie saisonnière au pollen, telle une allergie à l’herbe, consiste à minimiser son exposition (fenêtres fermées et air climatisé) et à prendre des antihistaminiques ou des décongestionnants oraux, des corticostéroïdes intranasaux, des gouttes oculaires antiallergiques ou une immunothérapie. Les traitements alternatifs qui n’ont pas fait l’objet de recherches scientifiques n’ont pas fait leurs preuves et ne peuvent donc être recommandés.
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Q : J’ai entendu dire qu’il était possible d’atténuer les symptômes allergiques en renforçant son système immunitaire. Cette approche est-elle valable et quelle est la meilleure façon de procéder ?
R : Au fil du temps, l’immunothérapie pourrait induire une tolérance afin de minimiser les symptômes et de réduire le besoin de médicaments des patients souffrant d’allergies saisonnières, mais elle peut être associée à des réactions systémiques dans des cas rares. Les recherches se poursuivent pour mettre au point des thérapies plus efficaces avec moins d’effets secondaires potentiels pour traiter les allergies. On comprend de mieux en mieux le système immunitaire, et les chercheurs tentent de développer des thérapies biologiques pour stimuler le système immunitaire contre certaines maladies ou bien pour minimiser la réponse immunitaire associée à d’autres maladies.
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Q: Pourquoi est-ce que je réagis (écoulement nasal, éternuements, larmes aux yeux, etc.) à l’odeur des produits de nettoyage, aux parfums, à la fumée et à une pièce froide ? J’ai passé des tests d’allergies et les résultats relevaient de l’ordinaire—arbres, herbe, poussière, poils d’animaux—mais rien d’autre n’a été mentionné. Ces réactions me dérangent davantage dans ma vie quotidienne et cela dure toute l’année. J’ai commencé à recevoir des injections pour mes réactions aux arbres et à l’herbe, mais j’ai des symptômes presque tous les jours. Merci beaucoup.
R : Les symptômes de la rhinite peuvent comprendre des éternuements ainsi que des écoulements, des obstructions et des démangeaisons du nez. Elle peut être causée par une réaction allergique à un allergène, tel qu’un chat, des acariens ou l’herbe, ou bien il pourrait s’agir d’une réaction à un agent irritant tel que la poussière, la fumée, les produits chimiques ménagers ou les vapeurs de peinture. La rhinite peut être classée comme allergique ou non allergique. La rhinite vasomotrice décrit une affection dont les symptômes ressemblent à une rhinite allergique, mais le mécanisme n’est pas médié par l’IgE et pourrait être lié à des anomalies neurovasculaires.
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Note de la rédactrice: Les deux questions suivantes ont la même réponse, qui se trouve ci-dessous.
Q: À l’âge de 33 ans, à la suite d’une sinusite chronique qui a duré un an, j’ai passé des tests d’allergies et on m’a dit que j’étais allergique à la poussière. Quel traitement est le plus efficace pour résoudre les problèmes de sommeil causés par la congestion ? Je peux tolérer la douleur durant la journée mais c’est le manque de sommeil qui est le vrai problème. Merci pour votre aide !
Q: J’ai souvent le nez qui coule. Quand je mange, quand je me penche en avant et même quand je ne fais rien du tout, je peux sentir mon nez qui dégoutte. Je dois me moucher souvent quand je suis dehors et durant l’activité physique. Ce problème m’empoisonne la vie, d’autant plus que je travaille dans l’industrie alimentaire. Il y a cinq ou six ans, j’ai subi trois hivers de désensibilisation chez un spécialiste des allergies. Mais mon nez continue de couler et j’ai l’impression que ça va de mal en pire. Récemment, j’ai dû consulter un oto-rhino-laryngologiste parce que j’avais des saignements de nez à répétition. Il faudra bientôt que je subisse une cautérisation. Ces problèmes sont-ils reliés aux allergies et qu’est-ce que je peux faire pour les régler ?
R : Chez certains patients atteints de rhinite, les sinus sont également touchés. Le mécanisme en question peut être allergique ou non allergique. Une sinusite aiguë peut être causée par une infection virale ou bactérienne. Si une bactérie en est responsable, des antibiotiques pourraient être nécessaires. Certains patients souffrant d’une rhinite allergique présentent également une atteinte des sinus.
La rhinosinusite chronique est une affection caractérisée par une inflammation continue du nez et des sinus et peut être classée comme une rhinosinusite chronique avec ou sans polypes nasaux. Une tomodensitométrie des sinus peut aider à clarifier la situation, et les corticostéroïdes intranasaux sont souvent utiles. Les patients présentant ces affections sont évalués par un allergologue et il peut être nécessaire de les diriger vers un otolaryngologue si les symptômes persistent malgré un traitement médical, afin d’écarter des causes structurales.
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Q : Quelle est la différence entre une allergie et une intolérance alimentaire ? Quelle est la réaction du corps à chacune en termes d’anticorps ?
R : Une réaction allergique implique la présence d’une hypersensibilité médiée par l’IgE à un allergène alimentaire, tel que les arachides, qui peut entraîner une réaction anaphylactique (celle-ci peut inclure l’urticaire, l’essoufflement, l’enflure de la gorge et l’hypotension). Ces cas nécessitent souvent un traitement d’urgence incluant une injection d’épinéphrine.
L’allergie orale est également une réaction allergique médiée par l’IgE (voir la réponse à la première question). Une réaction allergique immunologique peut comprendre l’œsophagite éosinophile ou la maladie cœliaque, alors qu’une réaction non immunologique pourrait inclure l’intolérance au lactose.
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Q : Je voudrais savoir si le médicament Neurotin peut interférer avec le dépistage des allergies et, si oui, de quelle façon ?
R : Les tests cutanés peuvent être compromis chez les patients recevant des antihistaminiques ou des médicaments possédant des propriétés antihistaminiques, tels que les antidépresseurs. Un contrôle négatif ou positif (habituellement de l’histamine) accompagne le test cutané pour aider à clarifier la réaction du patient aux allergènes testés. De plus, l’eczéma grave peut influencer l’interprétation des tests cutanés.
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Q : Si une personne que l’on suppose allergique aux arachides décide d’en manger mais n’a pas de réaction (pendant 48 heures), peut-elle en conclure qu’elle n’est pas allergique aux arachides et peut continuer d’en manger ?
R : Les résultats d’un test cutané et d’un dosage de l’IgE spécifique peuvent être positifs pour un allergène donné, mais ces résultats doivent être interprétés à la lumière des antécédents de la patiente afin de déterminer si elle est également sensible à l’allergène sur le plan clinique et si elle court un risque d’anaphylaxie. Les tests cutanés et/ou l’IgE spécifique aux allergènes ne sont recommandés que lorsqu’une cause allergique est soupçonnée pour expliquer une maladie ou dans certains cas où il y a des antécédents familiaux d’allergies.
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Q : Avez-vous des suggestions à offrir aux propriétaires de chats qui leur sont allergiques (sans aller jusqu’à se débarrasser du chat !). Que peut-on faire à la maison ? Que pensez-vous des filtres à air ?
R : Le meilleur traitement pour une réaction allergique à un animal consiste à enlever l’allergène de l’environnement de la personne allergique. Cela n’est pas possible dans certaines situations cependant. Alors, un traitement médical pourrait être indiqué ou, s’il n’y a pas de réponse à ce dernier, l’immunothérapie pourrait être envisagée.
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