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En juin 2008, l’experte invité de la rubrique du Club intitulée Demandez à l’expert était a Dre Christine Friedenreich, épidémiologiste dans le domaine du cancer et chercheuse scientifique auprès de la Division of Population Health du Alberta Cancer Board (ACB).

La Dre Friedenreich étudie les mécanismes de propagation des maladies dans la population et se consacre depuis de nombreuses années à l’identification des facteurs de risque modifiables à l’égard du cancer.

Elle est professeure adjointe aux facultés de médecine et de kinésiologie de l’University of Calgary (U of C) et détient une bourse de carrière en recherche qui lui a été décernée par l’Alberta Heritage Foundation for Medical Research.

La Dre Friedenreich a obtenu un doctorat en épidémiologie de l’University of Toronto en 1990 et a fait des études postdoctorales à l’International Agency for Research on Cancer (IARC) de Lyon (France) et à l’U of C de 1990 à 1994.

Ses recherches portent actuellement sur le rôle de l’activité physique pour ce qui est de réduire le risque de développer le cancer, d’améliorer la qualité de vie et d’améliorer la survie après un diagnostic de cancer.

Voici les réponses de la Dre Friedenreich à vos questions au sujet de la prévention et du dépistage du cancer :

Q : Ma mère est décédée en 1979 d’un cancer du côlon métastasé, et maintenant j’ai une phobie du cancer. Outre des conseils psychiatriques, comment puis-je me protéger contre le cancer de l’estomac, du foie, du pancréas, de la rate et du rein? Je suis déjà renseignée sur la prévention du cancer du côlon et de la peau… mais pas sur le reste.

R : La meilleure approche pour réduire les risques de cancer est de suivre les lignes directrices de la Société canadienne du cancer qui recommande notamment de ne pas fumer et d’éviter la fumée des autres, de rester active, de maintenir un poids santé, d’avoir un régime alimentaire équilibré riche en fruits et légumes et faible en viandes rouges, de réduire la consommation d’alcool et l’exposition aux rayons du soleil.

Ces lignes directrices s’appliquent à tous les types de cancer. Pour de plus amples renseignements sur ces facteurs liés au mode de vie, veuillez lire le rapport de l’American Institute for Cancer Research/World Cancer Research Fund sur l’alimentation, la nutrition, l’activité physique et la prévention du cancer publié en novembre 2007. Cette revue exhaustive de plus de 7 000 études menées à l’échelle du monde fournit des recommandations sur les types de cancer précis qui pourraient vous être utiles.

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Q : J’ai été diagnostiquée avec un type rare de cancer de la peau il y a quelques années : le mycosis fongoïde (lymphomes cutanés T). J’ai eu un traitement pour cette affection qui est maintenant « sous contrôle », autrement dit qui N’est PAS active. Mais, comme on me l’a dit, je l’ai encore et je l’aurai toujours. Y a-t-il des suppléments ou des aliments que je devrais augmenter dans mon régime alimentaire pour tenir le cancer à distance, pour ainsi dire?

Ce que je voudrais savoir en fait est ceci : y a-t-il des aliments qui aident à lutter contre le cancer, et faudrait-il que je me concentre sur les moyens de renforcer le système immunitaire?

R : La meilleure approche contre tout cancer est d’avoir un régime alimentaire équilibré riche en fruits et légumes, faible en viandes rouges et en consommation d’alcool. Il n’existe pas de supplément connu que l’on peut prendre et sur lequel on peut se concentrer en particulier pour stimuler le système immunitaire.

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Q: Comment une femme peut-elle empêcher et éliminer la calcification de tissus du sein?

R : Il n’y a rien que l’on puisse faire pour empêcher et éliminer la calcification de tissus du sein?  La principale stratégie de réduction des risques de cancer du sein est l’activité physique, faire de l’exercice pendant au moins 30 minutes par jour au moins cinq jours par semaine.

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Q : Est-il possible de déterminer à l’avance si une femme sera atteinte du cancer en « faisant un lien » entre le cancer et le cérumen secrété dans l’oreille?

R : L’association de la cire de l’oreille avec les risques de cancer du sein n’a pas été suffisamment étudiée pour que l’on puisse établir un lien de causalité quelconque. Il faut mener au moins 20 études sur une question auprès de différentes populations du monde, selon différents modes d’études et démontrer un effet solide avec des preuves d’une relation dose-effet et une certaine plausibilité biologique sous-jacente. À l’heure actuelle, aucune de ces conditions n’a été remplie pour établir un lien de causalité entre la cire d’oreille et le cancer du sein.

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Q : Je voudrais savoir si les seins asymétriques (sein plus petit que l'autre) peuvent développés un cancer? Est-ce que c'est une chose anormale? Est-ce que c'est possible de corriger ça par une chirurgie et d'avoir des seins symétriques normaux ? Merci beaucoup.

R : Toutes les femmes ont des seins qui ne sont pas parfaitement symétriques, voire de la même grosseur. Par conséquent, cette situation n’est pas anormale, et elle n’augmente pas le risque de cancer du sein. Aucune intervention chirurgicale n’est nécessaire pour corriger l’asymétrie en vue de réduire le risque de cancer du sein.

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Q : J’habite au centre-ville de Toronto, et j’ai tendance à marcher pour aller partout. Je salue le fait qu’il soit interdit de fumer dans les bars et les restaurants. Malheureusement, par le simple fait de marcher dans les rues de la ville, je me trouve à lutter contre des nuages de fumée tous les jours, parce qu’il y a tellement de personnes qui fument aux portes des édifices. Parfois, je rentre chez moi et je peux effectivement sentir l’odeur de la cigarette dans mes cheveux. À cela s’ajoutent le smog et les fumées d’échappement que je respire seulement parce que je vis ici. Ma question : est-ce que ce genre d’exposition augmente sensiblement le risque d’être atteinte du cancer du poumon, ou d’autres types de cancers? Que puis-je faire pour me protéger? Devrais-je penser sérieusement à déménager dans la banlieue, ou même dans une ville plus petite? Merci.

R : Il est très peu probable que le fait d’être exposée à la pollution atmosphérique en vivant dans un centre urbain augmente votre risque d’être atteinte du cancer du poumon ou d’autres types de cancer; toutefois, ce type de lien n’a pas été bien étudié étant donné qu’il est difficulté de mesurer l’exposition à la pollution atmosphérique dans une étude basée sur la population.

Si vous avez la possibilité de déménager dans un autre endroit qui présente moins de pollution atmosphérique et si vous désirez le faire pour des raisons autres que le risque de cancer, vous pouvez naturellement faire un tel choix. Cependant, un tel déménagement ne serait pas justifié en se basant uniquement sur le désir de réduire le risque de cancer du poumon. Un régime sain avec beaucoup de fruits et légumes, l’activité physique et le fait de ne pas fumer représentent les principales modifications de mode de vie que vous pouvez adopter pour réduire le risque de cancer du poumon.

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Q: Y a-t-il quelque chose d’autre que je pourrais faire pour empêcher le retour du cancer? J’ai 64 ans et je prends Arimidex depuis septembre 2007 après un diagnostic du cancer du sein. Je suis un régime alimentaire sain, je marche une heure et demie par jour et je reste optimiste. Je suis encore en voie de rétablissement après la chimiothérapie, la chirurgie et la radiothérapie qui ont pris fin en janvier 2008. J’aimerais beaucoup retrouver ma santé le plus rapidement possible et la conserver.

R : Félicitations! Vous faites déjà le maximum de ce qui s’est avéré propre à réduire un retour du cancer du sein. En plus d’un régime alimentaire sain et de faire de l’exercice régulièrement, prenez soin de garder votre poids à un niveau sain (un indice de masse corporelle (IMC) de moins de 25). Conservez une attitude positive, et vous vous sentirez beaucoup mieux bientôt, une fois que vous aurez surmonté les effets des traitements.

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Q: J’ai entendu beaucoup de choses sur les causes environnementales des cancers, mais j’ai aussi entendu dire que la relation de cause à effet liée à l’environnement ne peut pas toujours être prouvée sans l’ombre d’un doute. Si cela est vrai, pourriez-vous expliquer pour quelles raisons? Puis, comment puis-je évaluer toutes ces nouvelles histoires que j’entends pour pouvoir faire le meilleur choix en ce qui concerne la prévention du cancer, sans devenir complètement obsédée?

R : Il existe plusieurs causes environnementales du cancer que l’on comprend clairement, notamment les facteurs liés au mode de vie, tels que le régime alimentaire, l’activité physique, le tabagisme, l’exposition aux rayons du soleil, l’embonpoint, qu’une personne peut contrôler. D’autres facteurs environnementaux, tels que la pollution de l’air, de l’eau et des sols causée par les produits chimiques ont également fait l’objet d’études exhaustives et ont été classifiés par le Centre International de Recherche sur le Cancer (qui fait partie de l’Organisation mondiale de la santé). Ces classifications expliquent le degré de preuve indiquant si ou non ces expositions sont cancérogènes.

Pour beaucoup d’expositions en milieu professionnel (c.-à-d. des expositions qui ont lieu au travail), de meilleurs contrôles ont été établis pour faire en sorte que ces expositions soient réduites à un minimum. Pour d’autres expositions environnementales et professionnelles, la preuve n’est pas encore bien établie, soit parce que la recherche n’a pas encore été faite ou que la recherche a donné des résultats qui ne sont pas concluants. Pour ces facteurs, il faudra davantage de recherches.

Dans ce domaine, il est difficile de déterminer définitivement un lien de causalité étant donné qu’il faut satisfaire à de nombreux critères, notamment la force du lien (Quelle est l’augmentation du risque?), le lien temporel (L’exposition a-t-elle eu lieu avant que la maladie commence?), la permanence du lien (Les mêmes résultats se produisent-ils si l’étude est répétée dans plusieurs endroits du monde auprès de différentes populations avec des modes d’étude différents?), la plausibilité biologique (Le lien a-t-il du sens sur le plan biologique) pour ne nommer que quelques-uns des critères au niveau du lien de causalité. Pour beaucoup d’expositions environnementales, nous savons seulement qu’il peut exister une certaine forme de lien.

La meilleure approche pour une personne est de se concentrer sur les facteurs que l’on peut modifier et sur lesquels on a personnellement un contrôle. Ces facteurs comprennent les choix de mode de vie, tels que le fait de fumer, la consommation d’alcool, l’alimentation et l’activité physique. Tous ces facteurs ont montré clairement un lien avec le risque de cancer, et en modifiant ces expositions, le risque personnel peut être réduit d’environ 50 pour cent. Par conséquent, ne soyez pas obsédée par les expositions environnementales qui sont possibles, car les risques que représentent ces expositions sont bien moindres que ceux liés au mode de vie qui sont mentionnés ci-dessus (en particulier le tabagisme).

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Q : J’aurai 53 ans en août et je n’ai pas d’enfants. Quel est le conseil le plus important que vous pouvez me donner pour la prévention du cancer – surtout le cancer du sein?

R : En tant que femme qui est vraisemblablement en postménopause, votre risque de cancer du sein augmente avec votre âge. Par conséquent, le moyen le plus important de réduire le risque de ce type de cancer est de rester physiquement active et de conserver un poids santé (inférieur à un IMC de 25) toute votre vie. Même si vous n’avez pas été active avant la ménopause, vous pouvez réduire sensiblement votre risque de cancer du sein après la ménopause en restant active physiquement.

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Q : Est-ce qu’un régime macrobiotique et le mode de vie aident à la prévention du cancer?

R : L’activité physique, un régime alimentaire équilibré qui est riche en fruits et légumes, la réduction de la consommation de viandes rouges et de boissons alcoolisées, le fait de ne pas fumer, la réduction de l’exposition aux rayons du soleil et le maintien d’un poids santé la vie durant sont tous d’excellents moyens de réduire le risque de cancer.

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Q : Quelles sont les meilleures méthodes de prévention et de dépistage du cancer de l’ovaire?

R : Actuellement, il n’y a pas de test de dépistage du cancer de l’ovaire, mais c’est un secteur qui fait l’objet d’une recherche active. Le meilleur mode de prévention du cancer de l’ovaire est de conserver un poids santé en restant physiquement active et en ayant un régime alimentaire équilibré.

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Q : À quel âge une femme devrait-elle commencer les tests de dépistage du cancer du sein et du cancer colorectal si elle ne connaît pas ses antécédents familiaux?

R : Au Canada, les recommandations actuelles pour le dépistage du cancer du sein et du cancer colorectal proposent de commencer à l’âge de 50 ans lorsque les antécédents familiaux concernant ces cancers n’existent pas ou ne sont pas connus.

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Q : Où puis-je trouver une liste complète de tous les agents soupçonnés d’être des agents cancérogènes en Amérique du Nord et en Europe? 

R : Le Centre International de Recherche sur le Cancer (Organisation mondiale de la santé) maintient une liste de toutes les substances soupçonnées d’être cancérogènes dans le monde.

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Q : Récemment, il y avait dans la presse l’histoire d’une étude de recherche qui montrait que la chirurgie baryatrique réduisait le risque de cancer chez les gens. Qu’est-ce que cela signifie? Est-ce dire simplement que quelqu’un qui n’est plus obèse n’a plus ce facteur de comorbidité de l’obésité et d’autres risques de maladies comme le cancer? Ou y a-t-il quelque chose d’autre en jeu?

R : N’ayant pas lu cette étude, je ne peux faire de commentaires directs sur elle; cependant, la chirurgie baryatrique réduirait l’obésité qui s’est clairement avérée comme un facteur qui augmente le risque de plusieurs types de cancers différents. En conservant un poids santé, on réduit le risque de cancer.

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