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En mai 2008, l’experte invité de la rubrique du Club intitulée Demandez à l’expert était Dre Tuhina Biswas, MD, associée clinique du département de médecine familiale au Women’s College Hospital de Toronto. 

La Dre Biswas est médecin de famille et travaille à la Special Treatment Clinic du Bay Centre for Birth Control, un centre de planification des naissances fonctionnant sous l’égide du Women’s College Hospital en partenariat avec le département de santé publique de Toronto.

La Special Treatment Clinic offre des services de santé confidentiels et exhaustifs aux femmes et aux hommes, y compris le dépistage et le traitement des infections transmissibles sexuellement, l’éducation en matière de sécurisexe, le dépistage du VIH et la vaccination contre l’hépatite B.

Récipiendaire d’une bourse de recherche en santé des femmes, la Dre Biswas a complété des travaux au Women's College Hospital en 2005. Elle pratique également l’obstétrique à faible risque et supervise des étudiants et des résidents en médecine.

Voici les réponses de la Dre Biswas à vos questions au sujet des Infections transmissibles sexuellement (ITS) :

Q : Si deux personnes monogames passent des tests de dépistage des infections transmises sexuellement et les résultats sont négatifs, est-il toujours possible qu’elles attrapent une infection transmise sexuellement si elles font l’amour sans protection ?

R : La réponse courte est non. La réponse longue est la suivante: il existe d’autres infections génitales comme le VPH qui se transmettent par les simples contacts (pas nécessairement sexuels) entre deux personnes.

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Q : J’ai un problème gênant et j’espère que vous pourrez m’aider. Mon copain de longue date a récemment subi une vasectomie, alors nous venons de faire l’amour sans condom pour la première fois depuis que nous nous connaissons. Nous avions hâte à ce moment depuis longtemps. Mais, finalement, l’expérience s’est avérée inconfortable pour moi. Son sperme a provoqué une sensation de démangeaison et de brûlure dans mon vagin et, plus tard cette nuit-là, j’ai constaté des rougeurs terribles, ainsi qu’une enflure et des démangeaisons sur la partie extérieure; ces symptômes ont duré presque une semaine. C’était presque insupportable ! J’ai dû appliquer constamment une crème antidémangeaisons juste pour être capable d’aller au travail.

Avez-vous déjà entendu parler d’une femme qui était allergique au sperme de son conjoint ? Ou s’agit-il plus probablement d’une mauvaise infection à levures qui est arrivée au mauvais moment ? Ou est-ce qu’il se passe autre chose, une autre ITS peut-être ? Il n’y avait pas de plaies ou d’odeur, juste les démangeaisons et l’enflure. Au secours !

R : Je vous recommande de consulter votre médecin de famille afin d’écarter la possibilité d’une infection vulvovaginale à levures ou d’un herpès génital. Une fois que ces maladies sont exclues, vous pourriez envisager d’explorer la possibilité d’une allergie au sperme qui, en passant, est une affection rare.

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Q: Le VPH est-il vraiment une ITS ? Je suis toute mêlée parce qu’on m’a dit que « oui », mais pas une ITS à déclaration obligatoire, et « non », c’est juste un virus dont certaines femmes sont porteuses. Si c’est une ITS, est-il possible de la transmettre ?

R : Oui, certains types de VPH peuvent se transmettre par contact sexuel et causer des infections génitales, y compris les verrues génitales et le cancer du col de l’utérus. Non, ce n’est pas une infection à déclaration obligatoire. Le VPH est une ITS très répandue, et jusqu’à 75 pour cent des gens la contracteront à un moment donné sans s’en rendre compte parce que l’infection est asymptomatique la plupart du temps. Le VPH peut également causer des infections non génitales, notamment des verrues sur les mains ou des verrues plantaires. Si vous avez une infection génitale au VPH, il est possible de la transmettre par voie sexuelle jusqu’à ce que l’infection soit guérie.

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Q : J’ai l’herpès génital et je l’avais quand j’ai accouché de mon fils, maintenant âgé de 13 ans. L’infection n’était pas active au moment de sa naissance et ne survient en fait que lorsque j’ai mes règles, et même pas toutes les fois. Mon fils semble avoir assez souvent des cancers dans sa bouche. Pourrait-il s’agir de l’herpès ? De plus, puis-je espérer que l’infection demeurera inactive en moi lorsque j’aurai terminé la ménopause ?

R : Par « cancers », je présume que vous voulez dire cankers (équivalent anglais d’aphtes). Les aphtes ne sont pas attribuables à l’herpès buccal. L’herpès est une infection qui dure toute la vie, mais les épisodes se font moins fréquents avec le temps, bien qu’il soit toujours possible d’avoir des épisodes après la ménopause.

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Q : Que recommanderiez-vous pour une récurrence de verrues génitales ? J’ai une patiente qui a de très petites verrues sur ses lèvres et je m’intéresse à votre opinion. Quelles informations puis-je lui offrir pour qu’elle puisse faire un choix éclairé concernant son traitement ? Son dernier épisode (et seul autre épisode) est survenu il y a plus de 10 ans, et on a eu recours à la cryothérapie pour enlever les verrues. Que recommanderiez-vous : Aldara; devrais-je laisser son système immunitaire s’occuper des verrues; une autre cryothérapie ? Je suis curieux de connaître votre avis.

R : Il est peu probable que ce soit une récurrence de ses verrues génitales antérieures; il s’agit sans doute d’un autre type de VPH qui s’est manifesté sous forme de verrues. Aldara (crème d’imiquimod) aide à guérir l’infection, mais il coûte assez cher. De plus, la patiente serait obligée d’appliquer la crème sur les zones touchées sans entrer en contact avec la peau saine avoisinante, puis il faudrait qu’elle se rince la peau six heures plus tard. La crème est habituellement appliquée trois fois par semaine et peut être utilisée pendant jusqu’à 16 semaines. Je proposerais Aldara si elle avait beaucoup de verrues génitales. Les autres méthodes incluent la cryothérapie et le TCA (acide trichloroacétique) à 85 pour cent, qui est efficace également. Le seul inconvénient est que la patiente devra se rendre au cabinet à plusieurs reprises pour compléter le traitement.

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Q : Comment puis-je être certaine que mon partenaire n’a pas le sida si cette question est trop confidentielle et que je ne peux même pas en parler avec notre médecin de famille ?

R : À mon avis, c’est une question de confiance et de communication avec votre partenaire au sujet du test de dépistage. Si votre partenaire consent à vous montrer les résultats, c’est une bonne façon d’en avoir le cœur net. N’oubliez pas qu’il y a une période « fenêtre » de trois mois, ce qui veut dire que le test n’est pas nécessairement capable de détecter toute exposition au VIH qui aurait pu se produire durant les trois mois précédant le test.

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Q: On m’a récemment posé un diagnostic d’herpès et mon mari refuse maintenant de me parler parce qu’il est convaincu que je l’ai trompé. Je jure que je lui ai toujours été fidèle. Nous sommes ensemble depuis deux ans et je n’ai couché avec personne d’autre, mais ce n’est que récemment que j’ai remarqué les symptômes. Est-il possible que j’aie l’herpès à mon insu depuis plusieurs années ? Ou est-ce moi qui devrais douter de la fidélité de mon mari... c’est peut-être lui qui me l’a donné ? Je ne sais plus quoi penser.

R : Oui !! Il est très probable que vous étiez déjà infectée par l’herpès et que vous n’aviez pas eu de poussée jusqu’à maintenant, sans doute parce que vous n’avez pas eu d’épisode symptomatique à la suite de l’infection initiale. Il est très possible que l’infection reste latente pendant longtemps, soit jusqu’à cinq à 10 ans, avant l’apparition des premiers symptômes. Vous n’êtes pas le premier couple à vivre cette expérience.

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Q: L’herpès génital a-t-il tendance à s’activer pendant les périodes de stress ou d’anxiété ?

R : Oui, le stress, la maladie, les menstruations... les poussées d’herpès sont plus susceptibles de se produire en présence de stresseurs physiques ou émotionnels.

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Q : Les rapports sexuels sont-il la seule façon de contracter une ITS ? J’ai des problèmes de santé qui m’empêchent de faire l’amour et il est probable que je ne recommencerai jamais, dois-je être prudente et m’inquiéter de contracter une ITS ?

R : Par rapports sexuels, je présume que vous parlez de la pénétration vaginale. Certaines ITS se transmettent lors des activités sexuelles vaginales, telles que la chlamydia et la gonorrhée. Ces dernières peuvent également se transmettre par les contacts bucco-génitaux. Certaines infections, telles que le VPH (virus du papillome humain) peuvent être transmises par les contacts de peau à peau, et la pénétration n’est pas nécessaire pour causer l’infection.

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Q : Je vis avec un diagnostic de VPH. Voici ma question : mon copain et moi nous échangeons-nous à répétition ce virus depuis deux ans ?

R : Non, je ne crois pas que vous vous échangiez à répétition le virus. Si votre copain a été exposé à la même souche de VPH, il est probable qu’il n’est pas infecté.

D’ordinaire, le VPH ne cause pas d’infection chronique comme l’herpès génital. La plupart des infections au VPH disparaissent, surtout les types qui causent les verrues génitales. Les types qui comportent plus de risques, soit les types 16 et 18, peuvent persister et causer des changements dans les cellules du col de l’utérus qui peuvent être détectés par un test de Pap.

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Q : Est-ce que vous encourageriez une femme porteuse du VIH à avoir un bébé ? Le bébé possède quel pourcentage de risque d'être atteint du virus ? Je suis infirmière scolaire. Une élève de 8e année connaissait une personne enceinte diagnostiquée avec le VIH, et elle s'inquiétait du danger de propagation au bébé. J'ai fait des lectures et trouvé qui la mère devait prendre des médicaments anti-VIH, accoucher par césarienne et éviter d’allaiter. Je me demande combien de bébés contractent la maladie.  

R : Je ferais preuve de prudence avant d’encourager une femme séropositive à avoir un bébé. Bien qu’il existe des médicaments antiviraux, il est impossible de garantir un risque de transmission de zéro pour cent. L’allaitement est associé à un taux élevé de transmission du virus au bébé, donc il est contre-indiqué.

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Q : Si un test PCR (réaction en chaîne de la polymérase) est positif pour M. Chlamydia, est-ce que cela indique une exposition passée ou le pathogène est-il encore actif ?

R : Un résultat positif au test PCR pour la chlamydia indique une infection active.

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Q : En 1980, j’ai reçu un diagnostic de maladie inflammatoire pelvienne à la suite d’une admission urgente à l’hôpital. J’ai été hospitalisée pendant plus de deux semaines pour subir une antibiothérapie intraveineuse. À ce moment-là et durant les années subséquentes, chaque fois que j’avais ce que j’appelle une « flambée », on me disait que ma maladie était causée par le stress et n’était pas contagieuse. On m’a encouragée à éviter les rapports sexuels durant mes règles et à pratiquer le sécurisexe. De plus, on me disait que je risquais fort de ne pas pouvoir avoir d’enfant à cause de cette maladie.

Finalement, en 1985 (après une grossesse avortée et un accouchement), je vivais des crises de douleur intense tous les mois, et ma gynécologue a prescrit des antibiotiques oraux. Mon médecin me parlait depuis quelque temps des effets du stress sur la MIP et a proposé que je prenne des mesures pour changer ma vie et réduire mon stress. En juin 2005, j’ai suivi ses conseils et ai changé radicalement ma situation de travail; depuis ce temps, la douleur n’est jamais revenue et je n’ai jamais eu besoin de rechercher des soins médicaux pour cette maladie. Cependant, j’ai assisté récemment à une présentation sur les infections transmises sexuellement et j’ai été choquée d’apprendre que la MIP figurait dans la liste.

Je m’intéresse à votre compréhension de cette maladie; est-ce qu’elle se transmet par contact sexuel ou pas ? Si oui, je me sens horrible – je n’ai jamais averti mes partenaires sexuels parce que je ne savais pas que c’était nécessaire !

R : La MIP ou maladie inflammatoire pelvienne est considérée comme une ITS parce que, habituellement, elle est déclenchée par une cervicite (infection du col de l’utérus) causée par la gonorrhée ou la chlamydia. Une fois traitée par des antibiotiques, il n’y a aucun risque de transmission à vos partenaires sexuels, donc vous ne devriez pas vous sentir coupable de ne pas en avoir parlé. Une des conséquences de la MIP est la douleur pelvienne. Une autre affection qui peut causer de la douleur intermittente est l’endométriose, laquelle est habituellement diagnostiquée lors d’une intervention chirurgicale appelée laparoscopie. J’espère que cela répond à vos préoccupations.

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