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En mai 2009, notre experte invitée était la Dre Anna Day, directrice du Gender and Airways Program au Women’s College Hospital de Toronto.

La Dre Day est professeure de médecine dans le département de pneumologie de l’University of Toronto, où elle étudie les différences entre les sexes en ce qui a trait aux affections pulmonaires, y compris l’asthme et les maladies causées par le tabagisme. Son travail consiste à faire de la recherche démographique et à étudier les différences entre les sexes en ce qui concerne les facteurs de risque, l’évolution naturelle des maladies, les traitements et les résultats. Dans ses recherches, elle s’intéresse entre autres à la cessation du tabagisme, à la maladie pulmonaire obstructive chronique, à l’asthme et au dépistage du cancer du poumon.

La Dre Day s’intéresse aussi au transfert des connaissances (intégration, échange, circulation et application éthique des connaissances) aux médecins et aux patients dans le but d’améliorer la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge de soi. Elle participe à la formation des étudiants en médecine et est présidente du secteur d’éducation continue de la division de pneumologie à l’University of Toronto.

Voici les réponses à vos questions sur les différences (médicales) entre les sexes. 


Q : Quels sont les nouveaux domaines de recherche en ce qui a trait aux différences entre les sexes et l’efficacité des soins de santé ?

R : À l’heure actuelle, les recherches en matière de genre et de sexe mettent l’accent sur les différences dans l’impact du mode de vie sur la santé. Les aspects du mode de vie qui demandent le plus d’études sous une optique de sexe et de genre sont le tabagisme, l’obésité et l’exercice.

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Q : J’ai assisté à une présentation où l’on a dit que les hommes asthmatiques qui se présentent à l’urgence ont des problèmes respiratoires plus graves que les femmes, mais qu’ils sont moins conscients de la gravité de leur problème. Est-ce vrai ?

R : En fait, les statistiques disent le contraire. Les femmes asthmatiques se rendent à l’urgence deux fois plus fréquemment que les hommes asthmatiques, et elles sont plus susceptibles d’être hospitalisées pour des symptômes qu’elles – et leurs médecins – perçoivent comme étant sévères.

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Q : Quand j’ai vu le sujet du mois de Demandez à l’expert, ça m’a fait penser aux programmes d’études des facultés de médecine. Les étudiants en médecine reçoivent-ils une formation en ce qui a trait aux différences médicales entre les sexes ? 

R : Les facultés de médecine de l’Ontario ont collaboré à la création d’une ressource Web pour sensibiliser les étudiants en médecine aux différences entre les sexes. La ressource se trouve à l’adresse http://www.genderandhealth.ca, et les profs sont encouragés à s’en servir pour concevoir leurs cours. Certaines facultés de médecine ont même établi des cours qui abordent spécifiquement ce sujet, mais la plupart d’entre elles intègrent ce sujet dans leur programme ordinaire.

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Q : Je suis physiothérapeute et je travaille principalement avec des aînés dans un grand hôpital urbain. Quelles stratégies devrais-je employer dans ma pratique pour tenir compte des différences entre les hommes et les femmes ?

R : Il est utile de tenir compte des différences biologiques et psychosociales entre les aînés et les aînées. Par exemple, les hommes âgés sont plus susceptibles d’avoir une conjointe pour les aider, alors que les femmes âgées sont très souvent des veuves. Cela a un impact sur le soutien, tant financier que physique et psychologique, à leur disposition, ainsi que sur leur capacité d’accepter ou de se payer une physiothérapie ou d’en bénéficier. Certaines affections ont tendance à être plus fréquentes chez les femmes âgées que chez les hommes, telles que la démence et l’ostéoporose. Ce genre de différences entre les aînés et les aînées peuvent avoir une incidence sur leur capacité de vaquer à leurs activités quotidiennes et, finalement, sur leur qualité de vie.

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Q : Pourquoi les femmes vivent-elles plus longtemps que les hommes?

R : L’écart entre l’espérance de vie des femmes et celle des hommes est en train de rétrécir, surtout grâce à l’amélioration des soins prodigués aux hommes atteints de maladies cardiovasculaires. On estime actuellement que l’écart serait presque éliminé si l’on parvenait une fois pour toutes à convaincre les hommes et les femmes de cesser de fumer.

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Q : J’ai entendu dire que les hommes et les femmes réagissent différemment à certains médicaments. Pour quelles raisons ? Existe-t-il des médicaments qui conviennent aux hommes mais que les femmes devraient éviter ? Qu’en est-il des médicaments en vente libre ? Ai-je besoin d’en parler chaque fois avec mon médecin ou pharmacien ?

R : Il existe encore peu de données sur les différences entre les réactions aux médicaments selon le sexe parce que les autorités fédérales n’exigent pas ce genre d’information pour approuver les médicaments. Il va sans dire que les femmes enceintes ne devraient prendre aucun médicament avant d’avoir consulté leur médecin. Si vous prenez plusieurs médicaments, il est important d’en aviser votre pharmacien pour qu’il puisse évaluer les risques d’interactions indésirables. La majorité des produits en vente libre, et plus particulièrement les produits dits « naturels », ne font pas l’objet d’autant de recherches et de tests de contrôle de la qualité que les médicaments d’ordonnance, alors nous n’avons pas de données sur les différences entre les hommes et les femmes. Si vous avez des préoccupations concernant les produits en vente libre que vous prenez, discutez-en avec votre pharmacien.

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Q : Est-il possible que la cigarette soit plus dangereuse pour les femmes que pour les hommes ? Les femmes sont-elles plus susceptibles aux effets de la fumée secondaire que les hommes ? Courent-elles un risque plus élevé d’emphysème ?

R : On commence à voir des données considérables qui portent à croire que les femmes risquent d’être atteintes de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) – qui comprend l’emphysème et la bronchite chronique – et du cancer du poumon après avoir fumé moins de cigarettes que les hommes. De fait, les taux de mortalité liés à la MPOC et au cancer du poumon sont à la hausse chez les femmes, alors qu’ils diminuent chez les hommes, et ce, malgré le fait que moins de femmes et d’hommes fument de nos jours. Ce phénomène nous inquiète car il suggère que les femmes seraient plus sensibles aux effets de la fumée.

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Q : Je suis préoccupée depuis que j’ai lu un article sur femmesensante.ca qui disait que les femmes souffrant de douleurs thoraciques étaient traitées différemment par les ambulanciers paramédicaux. Qu’est-ce que je devrais faire pour m’assurer de recevoir le meilleur traitement médical possible ?

R : La meilleure façon de s’assurer des soins de qualité consiste à connaître tous les problèmes de santé que vous avez ou pour lesquels vous êtes à risque et d’avoir l’information nécessaire à portée de main pour la présenter aux paramédicaux et au personnel médical. Vous devriez toujours porter une liste de vos maladies, de vos médicaments et des personnes à contacter en cas d’urgence dans votre portefeuille, ainsi qu’un bracelet MedicAlert, s’il y a lieu. Heureusement, les intervenants du réseau de la santé sont de plus en plus en mesure de reconnaître les manifestations cardiaques différentes des femmes, et je crois bien que les nouvelles études montreront une amélioration des soins prodigués à celles-ci. Désormais, nous devrons nous concentrer sur d’autres affections qui passent inaperçues à cause des stéréotypes fondés sur le sexe.

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Q : Pourquoi les femmes sont-elles plus sujettes aux maladies autoimmunes comme le lupus et l’ostéoarthrite que les hommes ?

R : Nous croyons que les femmes souffrent plus souvent de maladies autoimmunes parce qu’une bonne partie du matériel génétique à l’origine de ces affections est portée par le chromosome X. (Rappelons que les femmes ont deux chromosomes X alors que les hommes ont un X et un Y). De plus, il est possible que les hormones féminines favorisent l’expression des gènes associés aux maladies autoimmunes.      

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Q : Les différences entre les adultes des deux sexes s’appliquent-elles en pédiatrie ?

R : Parfois, les différences sexuelles entre les enfants sont à l’opposé de ce qui s’observe chez les adultes ! Par exemple, l’asthme est beaucoup plus courant chez les garçons que chez les filles et ceux-là sont hospitalisés deux fois plus fréquemment que celles-ci. Toutefois, à l’âge adulte, les femmes sont plus sujettes à l’asthme et sont hospitalisées deux fois plus souvent que les hommes. Il y a d’autres exemples semblables... il est donc certain que les enfants ne sont pas que des petits adultes !

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Q : Mon médecin m’encourage à me porter volontaire pour un essai clinique sur un traitement contre le diabète. J’ai entendu dire que les femmes participent moins souvent aux essais cliniques que les hommes. Savez-vous pourquoi ? Y a-t-il des risques spécifiques aux femmes dont je devrais être au courant avant d’accepter de participer à un essai clinique ?

R : Dans le passé, les femmes étaient exclues des essais cliniques parce que les chercheurs craignaient qu’elles tombent enceintes ou que des fluctuations hormonales cycliques donnent lieu à des résultats « anormaux ». Par conséquent, les résultats d’essais conduits chez des hommes étaient extrapolés et appliqués de manière inappropriée aux femmes. Aux États-Unis, la loi exige maintenant que les femmes soient représentées de façon appropriée dans les études scientifiques, et le recrutement n’est pas un problème important. Avant de vous porter volontaire pour un essai clinique, vérifiez que le protocole de celui-ci a été approuvé par le comité d’éthique de la recherche de l’organisation commanditaire. Lisez soigneusement le formulaire de consentement éclairé et assurez-vous que vous êtes une bonne candidate et que vous vous sentez à l’aise de prendre les traitements expérimentaux que l’on vous donnera.

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Q : Je m’intéresse à vos commentaires sur les nouveaux outils diagnostiques utilisés pour déceler les maladies du cœur chez les femmes ? En octobre dernier, j’ai assisté à un symposium sur les femmes et les maladies du cœur à la clinique Mayo. Nous y avons appris que bon nombre de tests cardiaques standards (ECG, enzymes sanguines, épreuve d’effort sur tapis roulant) ont été conçus à l’intention des hommes et sont assez fiables pour détecter des problèmes cardiaques chez eux. Cependant, on nous a également expliqué que ces tests sont lamentablement imprécis chez les femmes, surtout lorsqu’il s’agit de déceler certains problèmes qui sont plus courant chez celles-ci, notamment les occlusions touchant un seul vaisseau ou des maladies microvasculaires.

Où en sommes-nous avec l’épreuve de dépistage de la protéine C-réactive, les tests de calcium ou tout autre outil diagnostique qui conviendrait à des femmes qui sont mal diagnostiquées à l’heure actuelle et qui sont renvoyées chez elles par le service des urgences après avoir passé les épreuves cardiaques standards ?

R : Les données portant sur les femmes et les maladies cardiovasculaires continuent de s’accumuler. Les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’être atteintes d’une maladie microvasculaire, auquel cas un test d’imagerie nucléaire, une échocardiographie d’effort et un cathétérisme pourraient être nécessaires pour confirmer le diagnostic. Bien qu’il existe de nouvelles modalités diagnostiques pour les maladies cardiovasculaires, telles que le CRP et les tests de calcium, il n’y a pas encore de données sur l’efficacité de ces modalités chez les femmes (NDLR : réponse fournie par le Dr Len Sternberg, cardiologue, Women’s College Hospital).

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