En mars 2008, l’experte invitée de la rubrique du Club intitulée Demandez à l’expert était la Dre Lynne Peters, une psychiatre rattachée au programme de santé mentale des femmes du Women’s College Hospital.
Elle a reçu son diplôme en médecine en 1999 de l’Université Dalhousie à Halifax. Par la suite, elle a complété sa spécialisation en psychiatrie à l'Université de Toronto en 2005.
Après avoir reçu son diplôme, la Dre Peters a travaillé dans le programme de santé mentale gériatrique au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) à Toronto. Elle y a obtenu une plus grande connaissance des troubles cognitifs, dont la maladie d’Alzheimer et d'autres démences.
À Women's College Hospital, son rôle primaire est de développer un nouveau programme de santé mentale gériatrique, visé sur l’intégration des femmes dans la communauté. Elle s’intéresse aussi à la santé mentale des femmes durant la période périnatale, ainsi que les problèmes psychiatriques qui peuvent accompagner les maladies physiques.
Voici les réponses de la Dre Peters à vos questions au sujet de La santé mentale au fil de la vie:
Q : J’ai 32 ans et j’ai reçu un diagnostic de dépression clinique à la fin de ma vingtaine. Pendant plusieurs années, j’ai pris du Zoloft, que j’ai tenté de cesser de prendre à deux ou trois reprises. D’habitude tout va bien pendant quelques mois, mais j’en arrive éventuellement à un point où ça ne va plus et où je dois recommencer la médication. Est-ce que ça veut dire que je vais devoir prendre des médicaments le reste de ma vie ? J’ai aussi fait des essais côté thérapie et médecines douces, mais sans succès.
R : Un traitement à long terme à base d’antidépresseurs s’avère nécessaire chez certaines personnes. C’est le cas notamment lorsque des épisodes de dépression se sont produits à plusieurs reprises ou lorsque la dépression est grave ou difficile à traiter. C’est une décision individuelle que le patient doit prendre avec son médecin.
L’arrêt de la prise d’antidépresseurs devrait se faire à un moment de la vie où le stress est à son plus bas – et non lors d’un déménagement, d’un changement d’emploi ou de changements importants dans une relation amoureuse ou avec sa famille (pour ne nommer que quelques situations stressantes dans la vie d’une femme !)
La décision de mettre fin à la médication devrait être prise avec son médecin, et ce pour plusieurs raisons importantes. D’abord, il est difficile d’arrêter de prendre certains médicaments car cela crée des problèmes de sevrage; il faut plutôt réduire la dose de façon graduelle. Il importe aussi que quelqu’un de votre entourage surveille votre évolution de manière à déceler tout symptôme pouvant indiquer que la dépression refait surface. La priorité absolue est de rester en santé. Si la dépression revient, il est important d’agir rapidement, avant qu’elle ne se réinstalle.
Dans votre cas particulier, je me demande si vous avez bénéficié pleinement et de façon soutenue de votre traitement. Il est important de se rétablir complètement, et de continuer à prendre la dose de médicaments qui a mené à ce rétablissement, pendant environ un an avant de tenter de mettre fin à la médication.
Il ne sert à rien d’aller trop vite parce que la dépression sous-jacente reste présente jusqu’à ce qu’elle soit complètement traitée. Si vous prenez vos médicaments en ce moment, demandez-vous si vous ressentez encore des symptômes, même bénins, de votre dépression initiale. Si c’est le cas, consultez votre médecin et songez à faire ajuster la dose de médicament ou à reprendre la thérapie. Une fois que vous serez complètement rétablie, commencez le décompte, attendez un an et consultez votre médecin pour voir avec lui si vous pourriez arrêter votre médication, à condition que les choses soient plutôt tranquilles dans votre vie.
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Q : Ma question porte sur la dépression chez les femmes âgées. Je voudrais savoir si la dépression peut avoir des causes pharmacologiques chez les personnes âgées et quels effets la dépression peut avoir sur les autres systèmes du corps. Merci.
R : Il est fréquent de noter des symptômes de dépression chez les personnes âgées, et ceux-ci doivent être pris au sérieux. Il n’est pas normal qu’une personne âgée soit déprimée ! Cela peut résulter de nombreuses causes différentes, et il est essentiel, si une personne du troisième âge semble déprimée pour la première fois de sa vie, de rechercher les causes au-delà de la dépression clinique.
Vous vous interrogez quant à des causes pharmacologiques. Certains médicaments sont associés à des symptômes de dépression. Je ne vais pas en dresser la liste parce que les réactions varient beaucoup d’une personne à l’autre; la meilleure façon de déterminer si un médicament pose un problème est de voir s’il a des effets secondaires quand on commence à le prendre (c’est là qu’apparaissent habituellement les problèmes).
Un type important d’effet secondaire affecte la mémoire et la vivacité d’esprit, causant parfois chez les personnes âgées un état qui ressemble à la dépression. Il s’agit d’effets secondaires anticholinergiques; ces effets peuvent être causés par de nombreux médicaments différents, y compris les somnifères, antihistaminiques, médicaments pour la vessie et médicaments antidouleurs.
Si une personne semble confuse, se plaint d’avoir la bouche sèche, d’être constipée ou d’avoir de la difficulté à uriner, on pourrait être en présence de médicaments anticholinergiques. En plus de causer des signes de dépression, ces médicaments peuvent aussi provoquer du délire et des symptômes qui ressemblent à de la démence.
La dépression a de nombreux effets sur les autres systèmes du corps humain. Généralement, une personne déprimée ne prend pas bien soin d’elle-même parce qu’elle manque d’appétit et d’énergie et parce qu’elle pourrait croire qu’elle n’en vaut pas la peine. Cela pose un grave problème, surtout chez les personnes âgées.
Les personnes âgées sont plus susceptibles de souffrir de déshydratation ou de malnutrition, ou encore de souffrir du fait qu’elles négligent le traitement d’autres affections médicales qui les affectent (prise incorrecte de médicaments par exemple). Une personne âgée déprimée va manquer d’exercice, ce qui va entraîner une faiblesse généralisée ainsi qu’une perte osseuse et une fonte musculaire.
En conclusion, les personnes âgées qui semblent déprimées doivent recevoir sans délai des soins médicaux. Quand elles vont chez le médecin, il importe qu’elles apportent avec elles tous les médicaments qu’elles prennent. Il faut que leur dépression (une fois qu’on a éliminé les autres causes possibles des symptômes) soit traitée avec efficacité, sinon elle peut véritablement retrancher des années à leur vie.
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Q: Je suis maman depuis 3 mois et suis très agressive et hystérique avec mon entourage. Je suis suivie par un psychiatre depuis 1 mois, mais je ne trouve pas beaucoup d'amélioration à mon comportement. Je suis fatiguée de moi. Aidez-moi !!!
R : Les troubles psychiatriques du post-partum sont courants et peuvent avoir des conséquences très graves, tant pour la santé de la mère que pour le bien-être de son enfant et de sa famille. On compte parmi ces troubles le trouble dépressif majeur, le trouble bipolaire et les troubles psychotiques. Il importe de bien comprendre le diagnostic posé par votre psychiatre et de partager ce renseignement avec vos proches.
Il faut que vous demandiez de l’aide le plus possible. Cela ne veut aucunement dire que vous ne soyez pas à la hauteur en tant que mère. Dans nombre de cultures, la norme veut que ce soit la famille élargie qui s’occupe des nouveau-nés. Cela vous aidera à vous remettre de l’énorme transformation physique et émotionnelle que vous vivez. L’une des plus importantes choses à faire pour vous est de dormir et de vous reposer.
L’autre chose la plus importante pour vous en ce moment est de vous assurer que votre enfant est en sécurité. Si vous avez des pensées qui pourraient vous amener à faire du mal à votre enfant ou à vous faire du mal à vous-même (vous indiquez que vous êtes agressive), vous devez en parler à quelqu’un au plus vite. Pour obtenir immédiatement les soins dont vous avez besoin, vous pouvez faire le 911 ou vous rendre au service d’urgence d’un hôpital.
N’oubliez pas par contre que ces problèmes sont généralement faciles à traiter et que la vaste majorité des femmes tirent une grande satisfaction de leur rôle de mère. Il se peut que le traitement que vous avez entrepris prenne plus d’un mois avant de porter fruit.
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Q : J’ai 39 ans et je suis généralement en bonne santé, mais depuis quatre mois, mes règles ont changé radicalement. Mon esprit s’est mis à envisager toutes sortes de scénarios lugubres et je sais que le stress n’aide pas ma situation. En fait, il l’aggrave, ce qui fait que je m’inquiète encore plus. Je suis prisonnière d’un cercle dont je ne peux m’échapper.
Comment faire pour maîtriser la situation et que faire pour empêcher mon esprit d’être envahi par des pensées négatives ? Je soupçonne que toute cette négativité tienne à des expériences difficiles (comme ma grossesse ectopique ou les kystes que j’ai eus sur les ovaires) et il m’est difficile de penser que ces problèmes vont disparaître facilement.
R : Ce genre d’inquiétudes me semble tout à fait normal étant donné vos antécédents gynécologiques. Ne soyez pas trop dure envers vous-même face à ces craintes et souvenirs.
Mais ne laissez pas non plus le passé empoisonner le présent et l’avenir. La chose la plus importante à faire pour vous libérer de ces inquiétudes est de découvrir ce qui se passe ACTUELLEMENT dans votre vie. Commencez par prendre un rendez-vous le plus tôt possible avec votre médecin de famille.
Bien que ce ne soit pas mon domaine de spécialisation, je crois que beaucoup de facteurs peuvent influer sur le cycle menstruel d’une femme de votre âge. Les troubles de la glande thyroïde et les symptômes de la périménopause sont deux raisons relativement bénignes qui me viennent à l’esprit.
Si vos inquiétudes ne disparaissent pas une fois que vous aurez commencé à prendre en charge la situation actuelle, ou si elles vont jusqu’à vous empêcher de consulter votre médecin, cela pourrait vouloir dire que vous souffrez d’un problème d’anxiété plus grave, comme le trouble de stress post-traumatique. Dans ce cas, une visite chez le médecin s’impose. N’attendez pas pour téléphoner !
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Q : Je vis depuis presque toujours avec la dépression. Je suis obèse et je sais qu’une bonne part du problème tient au fait que je compense mes frustrations par la nourriture. J’ai aussi des problèmes en cela que je souffre de fixation face à des blessures ou des échecs passés. Je prends des antidépresseurs mais je trouve que ça n’aide pas toujours. Pourriez-vous me suggérer un type de thérapie qui pourrait m’aider ? Je n’ai pas les moyens en ce moment de me payer une thérapie qui coûterait cher. Je veux à tout prix perdre du poids.
R : Il m’est difficile de recommander un type de thérapie particulier sans vous avoir d’abord rencontrée afin de mieux comprendre les choses qui vous dérangent. Ça dépend aussi des services qui sont offerts dans votre localité ou région.
Cela dit, vous devriez prendre en charge votre santé et votre vie. Je me demande si une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ferait l’affaire. Ce genre de thérapie pourrait vous aider à comprendre le lien existant entre vos pensées et sentiments et votre comportement alimentaire problématique. Ce genre de thérapie prendrait aussi en compte les difficultés du passé, mais sans trop s’étendre sur elles non plus (on dirait que ce sont elles qui vous empêchent d’avancer).
Ça pourrait prendre un certain temps avant de trouver un thérapeute dans votre fourchette de prix, alors commencez vos recherches sans plus attendre. Ce type de thérapie est offert entre autres par des psychologues, des travailleurs sociaux et des médecins.
Vous pouvez faire plusieurs autres choses pendant que vous cherchez un thérapeute. Allez passer un examen physique afin d’évaluer votre état de santé global, faites de l’exercice (dans la mesure où vous pouvez le faire en toute sécurité), assurez-vous de dormir suffisamment et songez à consulter un ou une diététiste.
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Q : Est-il fréquent pour les femmes de plus de 40 ans de prendre des antidépresseurs et des tranquillisants ? Dans l’affirmative, ces femmes doivent-elles généralement en prendre le reste de leur vie ?
R : Beaucoup de femmes de plus de 40 ans prennent des médicaments contre la dépression et l’anxiété. Plusieurs antidépresseurs courants sont considérés très sûrs et efficaces pour ce groupe d’âge.
On traite parfois l’anxiété au moyen d’une catégorie de médicaments qu’on appelle des benzodiazépines. Ce sont par exemple le lorazépam, la clonazépam et le témazépam. Les benzodiazépines sont des médicaments qui servent à combattre les états anxieux; elles ont un effet calmant et potentiellement sédatif. Elles peuvent causer des problèmes à tout âge, mais plus la personne est âgée, plus le risque est élevé. Elles peuvent entraîner de la confusion et une perte d’équilibre, et causer ainsi des chutes. Dans la plupart des cas, elles ne doivent constituer qu’une mesure temporaire.
La période de temps durant laquelle une personne prend un antidépresseur varie en réalité selon les circonstances de la personne, comme le diagnostic posé, le nombre de fois que cela s’est produit et la gravité des symptômes. Toutes ces choses devraient faire l’objet d’une discussion entre le patient et son médecin.
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Q: Ma famille entière a été affectée – et continue de l’être – par le suicide et les tentatives de suicide. Ce qui m’amène à une question : la durée de vie. Nous sommes tous des personnes instruites, sensibles à l’environnement et qui ont reçu des services de counseling. Je me demande dans quelle mesure l’hérédité joue un rôle dans cette maladie par rapport à un comportement acquis ?
R : Il a été prouvé que des facteurs génétiques entrent en cause dans les troubles psychiatriques et plus particulièrement dans les comportements suicidaires.
Toutefois, de tels antécédents familiaux prennent souvent un sens individuel pour chaque membre de la famille. J’espère que, dans le counselling que vous recevez, un certain temps a été utilisé pour explorer quelle influence ont eue sur vous les suicides et tentatives de suicide des membres de votre famille et de votre parenté.
Si une personne en arrive à penser que le suicide est pour elle inévitable – en ce sens qu’elle pense qu’elle y est condamnée ou qu’il ne sert à rien de se battre quand la vie devient difficile – ce genre de pensée peut certes accroître le risque de suicide. D’un autre côté, le risque n’est pas du tout le même pour une personne qui se dit qu’elle ne pourrait jamais faire à ses proches le mal qu’on lui a fait.
Par ailleurs, il est utile de se rappeler que tant le diagnostic que le traitement des troubles psychiatriques s’améliorent constamment et que le stigmate social et les obstacles qui empêchent les gens de consulter disparaissent graduellement.
Il se peut que certains de vos proches, surtout ceux des générations antérieures, n’aient pas reçu des soins adéquats ou qu’ils aient eu des problèmes de médication ou encore des problèmes de toxicomanie qui n’aient pas reçu d’attention.
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Q: J'ai 51 ans et je souffre de sclérose en plaques depuis 10 ans. Je marche avec un canne d’un côté et un aidant de l’autre pour me soutenir. J’utilise un triporteur pour les distances plus longues. Je fais tous les jours beaucoup de recherche dans Internet sur la SP.
Je remarque ces derniers temps que mon attitude à mon égard est plutôt négative. J’ai moins envie de voir des gens et je quitte rarement la maison. Je me fâche très facilement et quand les choses deviennent trop difficiles, j’ai tout simplement envie d’abandonner.
Mon attitude était plus positive et plus amicale avant les derniers mois. Je prends depuis très longtemps des antidépresseurs et je me demande si le moment serait venu de changer de sorte. Par moments, je crains vraiment de faire une dépression. Mais je ne suis pas comme ça d’habitude. Je veux avoir plus de compassion et de générosité envers moi-même et les autres. Merci de me laisser me décharger de la sorte.
R : Vous me semblez décrire des changements majeurs dans votre humeur et votre comportement. Il serait important que vous fassiez plus que vous décharger le cœur. Prenez rendez-vous avec vos médecins – votre médecin de famille et s’il le recommande, votre psychiatre et votre neurologue – pour revoir votre médication. Le temps est peut-être venu d’augmenter la dose ou, comme vous le suggérez, de passer à un autre médicament (les antidépresseurs, les psychorégulateurs et les antipsychotiques sont tous utilisés dans le traitement de la SP).
Comme vous le savez sans doute (vous semblez bien renseignée sur votre maladie), la SP affecte le cerveau et les symptômes d’ordre psychiatrique sont courants. Les personnes atteintes de SP ont parfois des troubles cognitifs, des troubles de l’humeur et des troubles psychotiques. Vu l’augmentation importante de vos symptômes ces derniers temps, il serait peut-être utile de voir votre neurologue pour obtenir son opinion sur la prise en charge de votre maladie à cette étape-ci.
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Q : La photothérapie utilisée pour combattre le trouble affectif saisonnier (TAS) fonctionne-t-elle pendant que la personne dort ? J'ai lu quelque part que la lumière traverse les paupières fermées et procure tout autant de bienfaits. Si c’est le cas, la durée d’exposition recommandée change-t-elle ? La recommandation qui me vise actuellement veut que j’utilise ma lampe pendant une demi-heure, pendant que je suis éveillée.
R : Je n’ai pas réussi à trouver la moindre information sur l’utilisation de la photothérapie pendant le sommeil. Même si l’on ne comprend pas parfaitement la façon dont la photothérapie combat le TAS, la plupart des gens croient qu’elle aide à compenser la perte de vivacité de la lumière du soleil durant les mois d’hiver chez ceux qui vivent dans la bande de latitude Nord.
La lumière aide à rétablir l’horloge biologique en stimulant le cerveau de manière à ce qu’il produise un niveau adéquat de neurotransmetteurs (substances présentes dans le cerveau). Pour ce faire, il faut que la lumière atteigne la rétine, située sur la face interne du globe oculaire. Il faut donc que les yeux soient ouverts !
On recommande généralement d’utiliser la lampe le matin et de faire en sorte que la lumière atteigne l’œil de façon indirecte (il ne faut pas regarder directement la lampe). L’utilisation de la lampe plus tard en journée peut nuire au sommeil durant la nuit.
Je me demande si votre question serait liée en fait à toutes les demandes auxquelles nous, les femmes, faisons face le matin. Essayer de caser la photothérapie le matin, en plus de faire lever, manger et habiller les enfants avant l’école, puis de partir soi-même au travail, me semble beaucoup en demander.
Si c’est le cas, il faut que votre famille comprenne que votre santé mentale est une priorité absolue. Votre employeur pourrait être mis à contribution pour vous aider à trouver une façon d’intégrer cette thérapie à votre horaire : pourriez-vous, pour des raisons médicales, commencer à travailler une demi-heure plus tard ? Une autre solution pourrait consister en l’utilisation d’un casque à visière lumineuse plutôt que d’une boîte lumineuse. Un tel casque n’a pas autant fait ses preuves mais vu sa grande portabilité, vous voudrez peut-être en faire l’essai pendant votre traitement.
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Q : Je suis une femme de 52 ans et je viens de perdre mon dernier parent. Je semble incapable de m’empêcher de fondre en larmes et de pleurer de façon incontrôlable. Je fais aussi face à des difficultés financières qui ont pour effet d’ajouter à mon sentiment d’impuissance. Je ne souhaite que dormir dans l’espoir que les choses iront mieux quand je me réveillerai.
Je ne semble pas avoir la force de m’occuper efficacement de mes problèmes financiers. Je n’ai aucun soutien positif de la part de mon conjoint, ce qui me retient pour ce qui est de « mettre les cartes sur table ». J’ai essayé de parler à mon médecin de famille mais je pense que je ne me fais pas bien comprendre parce qu’elle ne tient pas compte du tout de mes plaintes.
Qu’est-ce que je peux faire pour me sortir de cette ornière et de ce marasme afin de reprendre le contrôle sur moi-même et sur ma vie ? Mes collègues m’apportent du soutien mais je ne veux pas m’épancher sur eux et je ne veux pas vraiment leur raconter ma vie.
J’ai perdu mon premier parent il y a 13 ans et les choses commençaient à peine à revenir à la normale. Est-ce que c’est normal ou est-ce que c’est moi qui suis trop sensible ?
R : Ce qui est « normal » n’a pas d’importance. La façon dont on vit un deuil varie beaucoup d’une personne et d’une culture à l’autre. Vous savez vous-même à quel point un deuil peut être difficile à vivre. Vous avez perdu un parent, mais ça ne veut pas dire que vous deviez perdre un autre treize ans de votre vie.
On considère qu’un deuil s’est transformé en dépression clinique lorsqu’on observe plusieurs symptômes de dépression qui durent, sont graves ou nuisent à la vie quotidienne. Il n’est pas normal par exemple d’avoir des pensées suicidaires quand on vit le deuil d’un être cher ou de négliger son hygiène personnelle.
Je pense que vous devriez consulter de nouveau votre médecin de famille et de lui expliquer vos inquiétudes face à votre santé. Si vous faites une dépression clinique, il vous faudra peut-être prendre des médicaments ou envisager une thérapie (notamment une thérapie interpersonnelle).
Si vous ne faites pas une dépression, ce qu’il vous faut c’est du soutien. Les groupes de soutien sont parfois très utiles. En Ontario, l’organisme Les Familles endeuillées de l'Ontario pourrait vous mettre en contact avec des groupes de personnes endeuillées.
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Q : Est-ce qu'une personne qui est bipolaire type 2 peut travailler avec tous les symptômes qui accompagnent la maladie, anxiété, insomnie, dépression, monte et descente de poids 2 à 3 fois par année, stress? Merci.
R : Les personnes atteintes d’un trouble bipolaire peuvent mener une vie remplie et productive qui inclut un travail satisfaisant. Il est important que les symptômes que vous décrivez soient mieux contrôlés. Votre médication doit faire l’objet d’un suivi et il faut tenter de trouver pourquoi vous connaissez autant d’épisodes chaque année.
Il arrive que les médicaments, la toxicomanie, les troubles de la thyroïde ou les agents stressants de la vie contribuent au problème. Les impératifs du travail ont souvent pour effet de perturber notre mode de vie de façon importante, comme le travail par roulement, les heures longues ou irrégulières ou les déplacements à travers les fuseaux horaires.
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Q : Je suis une femme de 50 ans et je souffre de troubles alimentaires depuis l’adolescence. J'ai consulté en psychologie au fil des années. Mon état mental est très perturbé et je n’arrive pas à lâcher prise. Est-ce qu’il y a un moyen de vivre, avec une certaine sérénité avec ces troubles alimentaires et que devrais-je faire?
R : Je vous conseille de voir de nouveau votre médecin à ce sujet. Il se pourrait qu’il y ait autre chose au-delà des troubles alimentaires que vous avez depuis longtemps. Si vous êtes déprimée, par exemple, il faut peut-être commencer un traitement.
Aucune affection chronique ne disparaît d’elle-même. Vous devriez chercher de nouveau un traitement (de nouvelles approches pourraient avoir vu le jour depuis vos dernières démarches) parce que votre qualité de vie n’est pas ce que vous voulez qu’elle soit. Les difficultés que vous éprouvez dans votre vie ne sont sûrement pas les mêmes non plus.
Beaucoup de femmes en arrivent à une certaine sérénité face à leur corps et leur alimentation. À défaut de savoir quel trouble de l’alimentation vous affecte, je ne peux pas vous dire de façon plus précise à quoi vous attendre.
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