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En novembre 2008, l’experte invitée de la rubrique du Club intitulée Demandez à l’expert était Angela Wrobel, BScN, une infirmière en santé et sécurité au travail au Women’s College Hospital.

Angela a terminé un baccalauréat ès sciences en soins infirmiers (BScN) à l’University of Western Ontario. Après avoir travaillé brièvement dans une unité de soins infirmiers chirurgicaux, elle a intégré le domaine de la santé au travail où elle évolue depuis plus de 23 ans.

Angela a obtenu sa certification professionnelle COHN(C) de l’Association des infirmiers et infirmières du Canada en 1989 et l’a maintenue depuis lors.

Comme titulaire de plusieurs postes dans le domaine de la santé au travail, Angela a acquis une vaste expérience d’une grande gamme d’activités, y compris : l’immunisation et l’évaluation audiométrique des pompiers de la Ville de Toronto; l’examen médical des nouveaux employés; la vaccination contre diverses maladies comme l’hépatite, la grippe et la varicelle; l’aide à la réinsertion des employés malades et blessés dans le cadre de programmes de travail transitionnels.

Angela travaille également à titre d’infirmière en santé et sécurité au travail au Women’s College Hospital de Toronto depuis 1999. Elle est membre de l’Ontario Occupational Health Nurses Association et présidente de la Toronto Occupational Health Nurses Association.

Voici les réponses d’Angela Wrobel à vos questions sur la santé et la sécurité au travail.

Q : Une de mes collègues porte du parfum au travail et cela m’embête parce que je suis allergique aux produits parfumés. Mon organisation n’a pas de politique contre les parfums, mais j’ai entendu dire que d’autres compagnies allaient dans cette direction. Comment puis-je prouver que ces produits parfumés sont en train de rendre notre lieu de travail moins sûr pour moi ?

R : Les parfums peuvent causer des problèmes de santé. Lorsque les produits parfumés sont soupçonnés de nuire à la santé d’une personne, plusieurs des symptômes suivants peuvent apparaître :

  • nausée
  • étourdissements, vertige
  • fatigue
  • maux de tête
  • faiblesse
  • insomnie
  • malaise
  • confusion
  • perte de l’appétit
  • dépression
  • anxiété
  • sensation d’engourdissement
  • symptômes des voies respiratoires supérieures
  • essoufflement
  • difficulté à se concentrer
  • irritation de la peau

Les patients allergiques et asthmatiques, ainsi que les personnes souffrant d’autres affections, affirment que certaines odeurs, même en très faibles quantités, peuvent déclencher une crise.

La gravité des symptômes peut varier. Certaines personnes se plaignent d’une irritation légère, alors que d’autres en deviennent infirmes et doivent renoncer à plusieurs activités « normales », comme fréquenter les lieux publics, pour éviter de s’exposer aux parfums. La seule façon de confirmer votre sensibilité consiste à passer des tests chez un allergologue ou à subir une évaluation dans une clinique de santé et sécurité au travail, comme celle du St. Michael’s Hospital (Toronto).

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Q : Quels sont les trois principaux problèmes auxquels les femmes dans la vingtaine et la trentaine font face aujourd’hui en matière de santé et sécurité au travail ? Que font les employeurs à cet égard ?

R : Laissez-moi vous parler des deux problèmes que je vois le plus fréquemment :

Équilibre travail-vie
Pour de nombreuses jeunes femmes, gérer une carrière naissante et sa vie à l’extérieur du bureau est un combat quotidien. Les employeurs réagissent en offrant des horaires de travail flexibles pour aider les femmes à maintenir l’équilibre. Un horaire de travail flexible est une alternative à la journée et à la semaine de travail traditionnelles. Afin de répondre à leurs besoins personnels ou à ceux de leur famille, les employées peuvent choisir un horaire modifié (heures flexibles, semaine de travail comprimée, heures réduites/temps partiel, travail à domicile, par exemple). Plusieurs employeurs offrent un service de garde d’enfants d’urgence pour les parents dont le service régulier n’est pas disponible soudainement. Nombre d’employeurs installent également des appareils de conditionnement physique sur place ou offrent une subvention pour encourager leurs employés à s’abonner à un gym, afin de favoriser davantage leur mieux-être.

Dépression
Entre 10 et 25 pour cent des femmes vivent une dépression majeure – c’est environ deux fois plus que chez les hommes. De nombreux facteurs contribuent à la prévalence plus élevée de la dépression chez les femmes, notamment les changements d’ordre menstruel, la grossesse, le post-partum, la préménopause, la ménopause et les fausses couches. Dix pour cent des femmes souffrent de dépression durant la grossesse. Il est important de reconnaître les signes de dépression et de se faire soigner. De plus en plus d’employeurs reconnaissent que la dépression est une maladie grave qui nécessite parfois un congé de maladie pour suivre un traitement et, dans certains cas, un retour graduel au travail.

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Q : J’ai entendu dire que les femmes qui travaillent dans un bureau (secrétaires, réceptionnistes, adjointes administratives) ne sont pas assurées si elles lèvent des poids de plus de 20 livres. Est-ce vrai ?

R : C’est faux. En Ontario, presque tous les employés sont assurés par la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT). Pour être admissible aux prestations d’assurance de la CSPAAT, vous devez :

  • Travailler pour un employeur qui est couvert par la CSPAAT.
  • Avoir subi une blessure ou être tombée malade en conséquence directe de votre travail.
  • Présenter en temps opportun une demande d’indemnisation à la CSPAAT.
  • Fournir toutes les informations pertinentes exigées par la CSPAAT pour aider celle-ci à déterminer vos prestations.
  • Consentir à ce que votre prestataire de soins professionnels fournisse à votre employeur de l’information concernant votre aptitude au travail.

L’assurance fournie par votre employeur (par le biais de la CSPAAT) vous donne droit à une gamme de prestations différentes. Les revenus de remplacement que l’on reçoit à la suite d’une blessure ou d’une maladie liée au travail sont les prestations les mieux connues, mais la CSPAAT offre plusieurs autres sortes de prestations aussi.

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Q : Bonjour Angela. Je travaille dans le réseau de la santé communautaire, spécifiquement à titre de soignante à domicile. Je m’intéresse à suivre un cours en matière de sécurité qui se rapporte à mon occupation. En connaissez-vous ?

R : Tout d’abord, il faudrait entreprendre une évaluation des risques et des dangers associés à votre travail. Les travailleurs qui prodiguent des soins à domicile courent un nombre de risques potentiels, y compris :

  • actes de violence de la part des clients ou d’autres personnes
  • exposition à des maladies contagieuses
  • problèmes d’ordre ergonomique (lever les clients, par exemple)
  • conditions physiques (mauvais éclairage, température froide, escalier brisé, présence de neige/glace sur le trottoir)
  • produits chimiques dangereux
  • fumée de tabac
  • animaux de compagnie
  • appareil/réservoir d’oxygène

Une agence de soins à domicile est un employeur. En tant que tel, elle doit prendre toutes les précautions raisonnables pour protéger la santé et la sécurité de tous ses employés, y compris ceux et celles qui prodiguent des soins à domicile. L’employeur doit élaborer une politique et des programmes en matière de santé et sécurité au travail qui répondent aux exigences de la loi, y compris :

  • Établir des comités de santé et de sécurité conjoints ou désigner un représentant des travailleurs.
  • Réaliser des évaluations des dangers sur le lieu de travail.
  • Établir des procédures opérationnelles pour le lieu de travail.
  • Offrir des formations aux travailleurs.
  • Obtenir et fournir aux travailleurs de l’information sur la santé et la sécurité au travail.
  • Fournir de l’équipement de protection individuel.
  • S’assurer que l’équipement est inspecté et entretenu.

L’employeur devrait offrir à tous ses travailleurs des possibilités de formation qui abordent, entre autres, les responsabilités de l’employeur et de l’employé en ce qui a trait à : la prévention de la violence; la détermination des risques associés à des situations spécifiques; la gestion des situations dangereuses (comment s’éloigner de façon sécuritaire); la reconnaissance, la prévention et la gestion des comportements agressifs.

Outre les ateliers d’un jour, on doit intégrer des mesures de contrôle pertinentes dans les protocoles réguliers des services de soins à domicile, afin de protéger la sécurité des soignants. Cela doit inclure : un système de « jumelage » des employés; des directives concernant le recours à la police; des cartes d’affaires/insignes génériques n’indiquant que le prénom de l’employé, son titre et le nom de l’organisme; l’autorisation à prendre un taxi lorsque les déplacements dans le quartier pourraient poser un danger; l’envoi d’un avis à la police si des services sont offerts la nuit; une base de données informatique des clients qui souligne les milieux à risque; la prise en compte du quartier et d’autres indices de risques dans la fixation des horaires de travail, etc.

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Q : Je m’apprête à retourner au travail à la suite d’une chirurgie sur ma coiffe des rotateurs (ma troisième). Je reste à la maison depuis le mois de juin. Mon chirurgien et mon physiothérapeute ont demandé à mon employeur d’effectuer une « évaluation de mon poste de travail ». Cela consisterait en quoi pour mon type de blessure ? À l’heure actuelle, mon clavier se trouve sur mon bureau et je travaille à l’ordi toute la journée; entre autres, on a proposé un tiroir glissant pour le clavier. Avez-vous d’autres suggestions ?

R : Une évaluation ergonomique vise à améliorer la disposition de votre poste de travail en favorisant l’adoption de pratiques de travail sécuritaires et en recommandant l’achat de certains dispositifs. Puisque nous n’avons pas tous le luxe d’un bureau ajustable, il faut apporter des ajustements importants à votre chaise (hauteur, soutien lombaire, appuis-bras) et à la hauteur de l’écran de votre ordi. L’objectif consiste à favoriser une meilleure posture pour que vos poignets ne soient pas tordus lorsque vous utilisez le clavier ou la souris. Vous voulez être assise avec le dos bien droit et appuyé et les épaules descendues et détendues; votre cou doit être dans une position neutre et confortable et vos pieds plantés fermement sur le plancher ou un repose-pieds.

Si votre chaise n’est pas ajustable, elle n’est pas ergonomique. Je recommande une chaise neuve, complètement ajustable. Si votre écran n’est pas ajustable vers le haut, vous pouvez le poser sur une plateforme ajustable et régler cette dernière jusqu’à ce que la bonne hauteur soit atteinte.

Ajustez la hauteur de votre chaise de sorte que vos avant-bras se trouvent au même niveau que la surface du clavier. Si cela n’est pas possible, procurez-vous un tiroir à clavier afin de pouvoir poser le clavier sur une surface plus basse.

Ajustez le soutien lombaire de votre chaise de sorte que la « bosse » de la chaise se trouve dans le creux de votre dos ou encore au niveau de votre ceinture. Essayez de maintenir le contact entre votre dos et la chaise en tout temps sans vous affaler. Maintenez la cambrure naturelle en « S » de votre colonne vertébrale.

Ajustez les appuis-bras de sorte qu’ils effleurent à peine le dessous de vos coudes pendant que vous tapez. Ne vous accotez pas sur les appuis-bras pendant que vous utilisez le clavier ou la souris; évitez toutes les postures inconfortables qui vous font hausser les épaules.

Ajustez la hauteur de votre écran de sorte que vos yeux soient alignés avec la première ligne au haut de l’écran lorsque vous regardez tout droit. Il s’agit de votre ligne de mire horizontale à zéro degré. De cette façon, vous devriez être capable de regarder confortablement l’écran avec votre cou dans une position neutre.

Il est également important d’éliminer toutes les postures prolongées ou inconfortables, surtout au niveau des épaules. Plus une partie du corps s’éloigne de son alignement naturel, plus la posture est inconfortable. Par exemple, si vous parlez fréquemment au téléphone, portez un casque d’écoute sans fil afin d’éviter de tenir le combiné coincé entre votre épaule et votre oreille pendant que vous accomplissez plusieurs tâches à votre poste de travail.

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Q : Je travaille dans une grande organisation où je supervise environ 20 employés. Une de mes employées a pris contact avec le service de santé et sécurité au travail pour demander une évaluation ergonomique de son poste de travail. Elle prétend avoir mal au poignet à cause de ce dernier. Comment peut-elle prouver que sa douleur est causée par son poste de travail ? Va-t-on exiger que j’achète des appareils spéciaux pour modifier son poste de travail ?

R : En premier lieu, l’évaluation ergonomique consistera à observer la disposition actuelle du poste de travail. Cette observation et les questions posées par l’évaluateur permettent typiquement de déterminer si les effets indésirables pour la santé (douleur au poignet, par exemple) sont attribuables à la disposition du poste de travail en question. De façon générale, les douleurs de poignet résultent d’une mauvaise posture du poignet pendant qu’on se sert du clavier ou de la souris (poignets fléchis) ou encore d’un contact prolongé entre les poignets et des surfaces dures.

L’ergonomie réside à 50 % dans la conception du poste de travail et à 50 % dans le comportement du travailleur. Le rapport final de l’évaluateur inclura une évaluation des facteurs de risque ergonomiques ainsi que des recommandations. Typiquement, on propose de bonnes pratiques de travail de même que l’achat de matériel (un tapis à souris ou un clavier doté d’un appui-poignets, par exemple).

Si vous avez les ressources nécessaires, vous pourriez inviter un ergonome, un physiothérapeute ou un spécialiste de la sécurité à présenter un atelier sur l’ergonomie à votre personnel. En plus d’aider vos employés à éviter les blessures, ce genre de formation proactive enverra le message que vous vous souciez de leur bien-être.

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