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En octobre 2007, l’experte invitée de la rubrique du Club intitulée Demandez à l’expert était la Dre Fanny Aubin, gynécologue et obstétricienne à l’hôpital Montfort à Ottawa.

Née à Montréal, la Dre Fanny Aubin a déménagé à Sherbrooke pour y faire ses études de médecine. Elle a obtenu son doctorat en médecine en 2000. Elle a débuté sa formation en gynécologie-obstétrique au CHUS (Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke) la même année. Pendant sa résidence à Sherbrooke elle a eu 2 enfants. Après sa résidence elle a fait ses examens du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.

La Dre Aubin demeure aujourd’hui à Aylmer, au Québec, et elle pratique à l’hôpital Montfort comme gynécologue-obstétricienne depuis janvier 2007. Elle partage son temps entre sa clinique à Orléans et l’hôpital Montfort et elle essaie de profiter de son temps libre en compagnie de sa famille.

Voici les réponses de la Dre Aubin à vos questions sur la ménopause:

Q : J’ai 49 ans et n’ai pas encore commencé d’hormonothérapie. J’ai pris 20 livres au cours de la dernière année et j’ai également un problème de thyroïde. J’ai du mal à dormir, des bouffées de chaleur et des sautes d’humeur, etc. Est-ce que l’hormonothérapie va m’aider et puis-je en suivre une malgré mon problème de thyroïde ? Est-ce normal de prendre autant de poids ? J’ai un mode de vie sain et c’est frustrant de prendre du poids.

R : Premièrement, pour ce qui est de la prise de poids, il est très fréquent pour les femmes en préménopause de prendre du poids en raison des modifications au niveau du métabolisme. De plus, un débalancement de la thyroïde peut également contribuer à la prise de poids ce qui devrait se rétablir lorsque la médication sera bien ajustée. Demandez à votre médecin de faire une prise de sang TSH. Il faut aussi tenter de faire encore plus d’exercice comme de la marche plus de trois fois par semaine pendant plus de 30 minutes pour maintenir un poids santé. Le fait de prendre des hormones ne modifiera pas le gain de poids. Toutefois, les hormones pourraient être bénéfiques pour soulager les bouffées de chaleur, l’insomnie et les sautes d’humeur. Il faut vérifier avec votre médecin si vous êtes une bonne candidate aux hormones. Le problème de thyroïde n’interfère pas avec les hormones.

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Q : Les bouffées de chaleur et les sautes d’humeur m’agacent, mais je n’ai pas envie de suivre une hormonothérapie. Y a-t-il une autre option pour prévenir les chaleurs ?

R : Il y a certainement d’autres alternatives non hormonales pour le soulagement des bouffées de chaleur. Tout d’abord, les conseils pratiques sont de réduire la température ambiante à la maison, de s’habiller en « pelure d’oignon », d’éviter les boissons chaudes, de perdre du poids, de cesser de fumer et de faire de l’exercice physique. Ensuite, certaines femmes trouvent des produits naturels comme la vitamine E, les phytoestrogènes (trèfle rouge) utiles, malgré le fait qu’il n’y a aucune preuve  scientifique. Il faut toutefois consulter un médecin avant de débuter des produits dits « naturels » car comme les médicaments traditionnels, il peuvent avoir des effets secondaires et des interactions avec d’autres médicaments. Finalement, quelques médicaments sous ordonnance sont aussi très efficaces pour combattre les bouffées de chaleur tels l’Effexor, la Clonidine, le Neurontin, le Bellergal et le Gabapentin. Ces produits ont été développés au départ respectivement pour le traitement de la dépression, de la haute pression et des convulsions mais se sont avérés efficaces contre les bouffées de chaleur.

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Q: Quels sont les effets secondaires des hormones bio-identiques ?

R : Les hormones bio-identiques sont produits en laboratoire pour reproduire les hormones que le corps sécrète (exemples : Prométrium et Estrogel). Elles sont semblables aux hormones donc ont potentiellement les mêmes effets secondaires. Nous n’avons pas de données pour démontrer qu’elles soient plus efficaces ou plus sécuritaires. Parmi les effets secondaires, on note des maux de tête, des ballonnements, des douleurs aux seins, de l’acné, des saignements vaginaux… Les effets secondaires plus sérieux sont : caillots de sang, cancer du sein, maladies cardiaques, accidents cérébral vasculaire.

 

Q : J’ai 35 ans et vis une ménopause précoce. Je n’ai pas eu mes règles depuis un an. Quelle est votre opinion sur les hormones bio-identiques pour l’hormonothérapie ?

À cause de mon jeune âge, mon medecin insiste pour que je poursuive une hormonothérapie traditionnelle jusqu’à l’âge de 50 ans. J’ai peur que la prise d’hormones pendant aussi longtemps puisse augmenter mes risques de cancer ou d’autres effets secondaires. Je m’intéresse beaucoup à essayer des hormones bio-identiques. Pourriez-vous jeter un peu de lumière sur cette question ?

R : Si vous êtes effectivement en ménopause à l’âge de 35 ans, il pourrait être important de prendre un remplacement hormonal jusqu’à 50 ans afin de réduire vos risques d’ostéoporose et de sécheresse vaginale. Il faut comprendre que les ovaires des femmes en âge reproducteur sécrètent normalement une quantité importante d’estrogènes et de progestérone. On sait aussi qu’il est sécuritaire de donner la pilule contraceptive aux femmes jusqu’à la ménopause en autant qu’elles n’aient pas de contre-indications. Les hormones contiennent trios a cinq fois moins d’hormones que la pilule contraceptive. Les résultats des études comme la Women’s Health Initiative (WHI) ne peuvent pas être appliqués à vous puisque les femmes dans cette étude avaient une moyenne de 62 ans donc beaucoup plus à risque de développer des complications comme le cancer. Les hormones bio-identiques sont aussi efficaces pour les femmes ayant une ménopause précoce donc c’est une alternative intéressante.

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Q : Comment sait-on que la ménopause a débuté ? J’ai 39 ans et, depuis un an, je souffre de graves sautes d’humeur qui ont été attribuées à une « dépression », mais elles sont tellement cycliques que je suis certaine que la cause est hormonale. De plus, depuis deux mois, mon cycle, qui dure normalement 26 jours, dépasse maintenant les 34 jours et mes seins sont plus sensibles que jamais auparavant.

R : Le diagnostic de la ménopause est l’arrêt complet des menstruations pendant 12 mois consécutifs. Il est donc certain que vous n’êtes actuellement pas en ménopause. Moins de 1% des femmes sont ménopausées avant l’âge de 40 ans. Toutefois, on sait que certaines femmes vont faire l’expérience des symptômes de dépression qui peuvent être cycliques. Si ces symptômes surviennent UNIQUEMENT dans les 14 derniers jours du cycle menstruel et sont soulagés rapidement suite au début du saignement, il pourrait s’agir d’un trouble dysphorique prémenstruel qui est un problème différent de la dépression puisqu’il est dû à la baisse des hormones. Son traitement est aussi différent. Il est essentiel pour le diagnostic de faire un calendrier menstruel en indiquant quand vous êtes menstruée et où vous notez chaque symptôme de l’humeur que vous ressentez (tristesse, anxiété, irritabilité…) On sait que la fréquence de ce problème augmente avec l’âge. Le traitement pourrait être de prendre des antidépresseurs mais seulement 14 jours par mois au lieu de continuellement. Pour ce qui est des irrégularités dans la durée du cycle menstruel, il peut y avoir plusieurs causes dont le stress ou certains débalancements hormonaux. Si cela persiste, il serait bon de consulter un médecin pour procéder à des investigations.

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Q : Bonjour, j’ai 45 ans et ai eu mes règles une seule fois depuis six mois, mais je n’ai éprouvé aucun autre symptôme de la ménopause. Est-ce normal ?  Combien de temps dois-je passer sans règles avant que la ménopause s’achève ?

R : Tel que mentionné dans une des questions précédentes, la définition de la ménopause est l’arrêt des menstruations pendant 12 mois consécutifs. Il se peut donc que vous soyez en voie d’être en ménopause. Certaines femmes sont chanceuses et n’éprouvent pas de symptômes de ménopause. Il faut toutefois éliminer d’autres causes possibles d’arrêt des menstruations comme la grossesse (Eh oui, c’est encore possible à 45 ans!) ou d’autres anomalies hormonales. Je vous suggère donc d’en parler à votre médecin qui pourra procéder à des prises de sang au besoin.

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Q : Est-ce que les « tests hormonaux normaux » que font les médecins suffisent au diagnostic de la ménopause ?

R : Quand on parle de tests hormonaux de la ménopause, on dose en fait la FSH (hormone folliculo-stimuline) qui est sécrétée par la glande hypophyse dans la tête et qui sert à stimuler les ovaires à produire des ovules et des hormones. Lorsque les ovaires cessent leur production d’hormones à la ménopause, la glande hypophyse se met à produire une grande quantité de FSH pour tenter de stimuler encore plus les ovaires. Donc, si la FSH est plus de 40 et que vous n’êtes plus menstruée pendant un an, vous êtes en ménopause.

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Q : Ma ménopause a commencé très précocement, soit à l’âge de 41 ans. J’en ai maintenant 43. La ménopause précoce est de famille chez nous, mais je me demande s’il y a d’autres causes que les médecins auraient pu manquer ?

R : Tel que mentionné dans la question précédente, il est très facile de faire un diagnostic de ménopause en faisant une prise de sang et un dosage de FSH. Si la FSH est élevée, vous êtes bel et bien ménopausée. Toutefois, les études ont noté une association entre les ménopauses précoces et d’autres maladies endocriniennes. Il est donc conseillé de tester régulièrement la fonction de la thyroïde et des glandes surrénales.

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Q : Je suis une femme de 48 ans. Depuis cinq mois, mes menstruations sont très abondantes et durent sept ou huit jours, et elles reviennent tous les 21 jours. À la fin de mes règles, je me sens épuisée. Depuis deux mois j’ai aussi plein de petits caillots. Est-ce normal ou est-ce une partie de la ménopause ?

R : Il est très fréquent d’avoir des changements des règles dans la période de préménopause qui peut débuter jusqu’à 5 ans avant l’arrêt des menstruations. La normale serait d’avoir des menstruations qui s’espacent et deviennent graduellement moins abondantes. Malheureusement, peu de femmes ont cette chance et plusieurs ont des saignements irréguliers et plus abondants. Bien que votre condition soit probablement normale, il serait bon de consulter un médecin pour s’assurer que vous ne faites pas d’anémie à cause des saignements abondants. Il faut aussi éliminer d’autres causes de saignements abondants comme des fibromes, des polypes, des débalancements de certaines hormones et de l’hyperplasie de l’endomètre (couche des cellules plus épaisse pouvant devenir pré-cancéreuses). Votre médecin pourrait aussi vous proposer certains traitements pour tenter de réduire le flot menstruel.

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Q : À quel point la crème de progestérone est-elle utile ? Aide-t-elle à atténuer les bouffées de chaleur ou à prévenir l’ostéoporose ? Je me lève tous les jours avec un mal de tête.

R : La crème de progestérone peut être efficace pour traiter les bouffées de chaleur dépendant de la concentration utilisée. On doit souvent utiliser d’assez grosses doses. Ce sont les estrogènes qui sont le plus efficace pour le soulagement des bouffées de chaleur et la prévention de l’ostéoporose. Je ne sais pas si vous utilisez la crème de progestérone actuellement mais les maux de tête sont un effet secondaire assez fréquent de la progestérone de même que les ballonnements, le changements de l’humeur et l’acné. Il se pourrait donc que cela soit dû à la crème mais il faut s’assurer que ce n’est pas une migraine ou un autre type de mal de tête.

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Q : J'ai 48 ans et je suis en traitement pour un cancer du sein hormonodépendant et Her2 positif depuis avril 2007. La chimiothérapie a causé ma ménopause depuis juillet 2007. J'aimerais savoir si je peux prendre un produit naturel fiable pour soulager les bouffées de chaleur et l'insomnie qui en résulte. Je débuterai le Tomoxiphène sous peu et crains une hausse des bouffées de chaleur qui sont déjà très incommodantes. Je prends déjà 225 mg d’Effexor par jour et les chaleurs sont quand même présentes. Je sais que les phytooestrogènes sont contraindiqués et je constate que les produits habituels indiqués pour traiter ces symptômes en contiennent tous.

R : Effectivement, plusieurs produits dits « naturels » contre les bouffées de chaleur contiennent en fait des phytoestrogènes qui sont mieux d’être évités dans votre cas. L’Effexor est habituellement un bon médicament contre les bouffées de chaleur. D’autres options sont disponibles comme la Clonidine, le Bellergal ou le Neurontin qui sont des médicaments pouvant être prescrits par votre médecin de famille. Parmi les produits naturels, vous pouvez possiblement essayer la vitamine E mais ceux-ci sont généralement moins efficaces que ceux qui sont sous ordonnance. Pour ce qui est de l’insomnie, la valériane et le millepertuis pourraient possiblement vous aider. Je vous souhaite sincèrement bonne chance avec vos traitements.

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Q : J'ai 51 ans et mon médecin a dit que j'ai un excès d'oestogènes. Il m'a prescrit Prometrium pour créer une balance. Avant ca, j'ai pris la pilule pendant 5 ans. Est-ce qu'il y a un lien entre l'usage de la pilule et cet excès et quels en sont les dangers?

R : En fait, un excès d'oestrogènes veut seulement dire que puisque vous êtes en préménopause, vous n'ovulez plus à chaque mois donc vos ovaires ne produisent plus de progestérone. À ce moment, il y a uniquement une production d'estrogènes ce qui stimule continuellement l'endomètre (couche interne de l'utérus) et qui crée des saignements irréguliers et souvent abondants. Cette situation à long terme pourrait entraîner une augmentation du risque de cancer de l'endomètre. La progestérone bloque l'action desoestrogènes sur l'endomètre donc a un effet protecteur. Le fait d'avoir pris la pilule pendant 5 ans n'a absoluement pas créé ce débalancement et a même été bénéfique pour la prévention du cancer de l'endomètre et de l'ovaire.

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Q : J’ai 51 ans et depuis quelques mois ne me suis plus menstruée. Tout va bien mais le problème se situe autour de la taille. Depuis trois mois j’ai pris cinq livres et deux pouces de taille. Je suis très centrée sur l’activité physique et sur l’alimentation sans gras et sans sucre. Je m’entraîne regulièrement deux fois par semaine et je marche une heure chaque jour. Il doit y avoir une solution que je ne vois pas. Quoi faire?

R : Il est très difficile de trouver une réponse à cette question. On sait qu'une certaine prise de poids peut être associée aux changements hormonaux de la ménopause et que cela peut être contrôlé par un mode de vie sain. Il peut parfois mais plus rarement y avoir une explication reliée à une maladie comme l'hypothyroïdie ou d'autres problèmes du système endocrinien. À ce moment, vous auriez aussi de la fatigue, une diminution de votre appétit, de la constipation ou d'autres symptômes de ralentissement du métabolisme. Cela pourrait également être dû à la prise de certains médicaments. Je vous suggère de consulter votre médecin pour faire des prises de sang et un bon examen physique.

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Q : Je débute ma ménopause après une préménopause de 2 ans. J'ai souffert de symptômes  qui réapparaissent en fin de cycle et maintenant en fin de cycle supposé sans avoir mes règles. Notons également que je prends de la progestérone transdermique tirée de Yam sauvage quinze jours par cycle. C'est à l'arrêt de la progestérone que les symptômes se déclarent.

Dans le même temps, mon alimentation ne s'est pas alourdie.  Je fais exprès de noter chaque prise d'aliment pour le constater moi-même. En trois ans, j'ai pris 4 kg et mon régime alimentaire est strict; je fais du vélo, de la natation, du footing ou de la marche  quatre fois par semaine. Je mesure 1,62 et pèse actuellement 60 kg.

Ces symptômes s'aggravent ces derniers mois, depuis que mes règles ne viennent plus. Dans ces périodes cycliques, j'ai mal au ventre comme si mes règles allaient apparaître, et je perds la sensation de faim. Parfois également je me sens comme en crise de foie. Cela ravage mon moral.

Quelles investigations pourraient être faites ? Quelles pistes pourraient m'aider pour cesser cet inconfort et cette prise de poids qui s'accélère ?

R : Si vous notez que les symptômes débutent et s'aggravent à l'arrêt de la progestérone et que vous n'avez plus de règles, vous pourriez prendre de la progestérone tous les jours au lieu de 15 jours par mois. Une dose plus faible est souvent adéquate quand la progestérone est prise en continu. Certaines femmes sont sensibles au retrait des hormones qui déclenche des symptômes. Pour la prise de poids, vous pouvez vous référer à la réponse de la question précédente. Continuez à faire de l'activité physique qui sera bénéfique pour votre santé en général. En ce qui a trait aux investigations, on pourrait doser la FSH pour vérifier si vous êtes en ménopause et la TSH pour l'hypothyroïdie. Il pourrait également être intéressant de faire une échographie de votre abdomen pour s'assurer que les organes sont d'apparence normale.

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