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En septembre 2008, les experts invités de la rubrique du Club intitulée Demandez à l’expert font partie de l’équipe interdisciplinaire du Sherbourne Health Centre.

Sherbourne Health est un centre de soins primaires urbain desservant les diverses communautés du sud-est de Toronto. Depuis sa fondation en 2003, le centre travaille avec les communautés LGBT (lesbienne, gai, bisexuel et trans) et des agences communautaires partenaires pour répondre aux besoins physiques, mentaux et émotionnels des communautés diverses et dynamiques constituées de lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres, transsexuels et bispirituels, ainsi que des personnes qui remettent en question leur orientation sexuelle.

Le centre contribue également à d’importantes recherches communautaires et fait la promotion de politiques publiques saines.

Les programmes et services LGBT du centre comprennent la prestation de soins médicaux et infirmiers; des services de santé mentale; la promotion de la santé et l’éducation; un réseau de parents LGBT; des programmes et services de soutien destinés à la jeunesse LGBT; et Rainbow Health Ontario, une ressource provinciale en matière de promotion de la santé.

Les membres suivants de l’équipe du Sherbourne Health Centre ont préparé des réponses à vos questions :

  • Carole Baker est conseillère au sein du programme LGBT. Elle complète son travail clinique avec des techniques thérapeutiques non orales, y compris l’expression artistique et la thérapie fondée sur la nature.
  • Daniel Bois, RN, est infirmier dans le programme LGBT. Infirmer depuis huit ans, Daniel possède de l’expérience professionnelle dans le domaine de la santé mentale et la toxicomanie.
  • Michèle Clarke, MSW, est coordonnatrice des communications chez Rainbow Health Ontario. Dans le cadre de ses activités de promotion de la santé, elle a entre autres recours aux techniques et technologies de la communication pour améliorer la santé des LGBT.
  • Rachel Epstein, MA, candidate au doctorat, est coordonnatrice du LGBT Parenting Network (réseau des parents LGBT). Elle se consacre depuis 17 ans à la recherche, à la rédaction, à l’éducation et à l’organisation communautaire en ce qui a trait aux parents LGBT.
  • Dre Kate Greenaway, M.D., est médecin de famille au sein du programme LGBT. 
  • Mary Potter, RN, est infirmière dans le programme LGBT. Ses activités professionnelles récentes comprennent la prestation de soins infirmiers dans la communauté avec un accent sur la santé sexuelle des jeunes et les contextes de soins pédiatriques de courte durée.

Voici les réponses de l’équipe à vos questions au sujet des préoccupations de santé des lesbiennes, bisexuelles et transgenres féminines :

Q : Connaissez-vous des cas où il a été prouvé que les abus sexuels subis durant l’enfance ont causé l’homosexualité ? Je continue de croire à cette possibilité. Signé : lesbienne stressée de Toronto.

R : Il existe plusieurs théories quant aux causes de l’hétérosexualité, l’homosexualité et la bisexualité. Pour le moment, les recherches scientifiques laissent croire que l’orientation sexuelle est due à une  combinaison de facteurs génétiques et environnementaux. Nous ne savons toujours pas quels gènes ou quels facteurs environnementaux pourraient contribuer à déterminer l’orientation sexuelle, mais plusieurs études examinent les expériences vécues par les LGBT dans leur enfance dans l’espoir d’y voir plus clair.

Même si quelques études semblent indiquer que les lesbiennes et les hommes gais sont plus susceptibles d’avoir été victimes d’abus sexuel dans l’enfance, comparativement aux femmes et aux hommes hétérosexuels, les experts du domaine de la sexualité humaine ne croient pas que cela joue un rôle important dans la détermination de l’orientation sexuelle des adultes.

Puisque aucune étude n’a suivi des individus pour examiner le lien causal éventuel entre l’abus et l’orientation sexuelle au fil du temps, ces expériences demeurent mal comprises. Certains chercheurs estiment que les jeunes enfants qui deviennent gais ou lesbiennes à l’âge adulte seraient plus susceptibles d’être abusés parce qu’ils ne se conforment pas aux rôles sexuels traditionnels ou ils ont des comportements différents qui les exposent à un risque accru d’abus.

L’abus sexuel chez l’enfant est dévastateur sur de nombreux plans, et beaucoup de victimes d’abus sexuel, qu’elles soient gaies ou straight, éprouvent de la confusion face à leur identité et leur orientation sexuelles. Ce n’est pas étonnant que vous ayez des préoccupations concernant le rôle que vos expériences d’abus sexuel auraient pu jouer dans la détermination de votre orientation sexuelle. Si cela vous cause de la détresse, songez à en parler avec une professionnelle de la santé ou une conseillère qui peut vous offrir son soutien.

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Q : Comment peut-on trouver un médecin gai ou homophile (« gay-friendly ») dans la banlieue ?

R : La relation entre vous et votre fournisseur de soins est essentielle pour avoir une bonne santé. Tout le monde mérite un médecin compétent et compatissant, peu importe son lieu de résidence. En avouant votre homosexualité à votre médecin, vous ferez un grand pas vers une meilleure prise en charge de votre santé, et il est important que votre médecin soit ouvert d’esprit et sensible à l’égard de vos préoccupations. Trouver un fournisseur de soins LGBT dans certains endroits pourrait être plus difficile.

Voici quelques conseils qui s’adressent à tout le monde :

  1. Demandez à vos proches ou à vos collègues de vous recommander quelqu’un. Renseignez-vous sur les médecins en question et essayez de déterminer s’ils sont « LGBT-friendly ».
  2. S’il y a un organisme communautaire LGBT dans votre localité, appelez-le et demandez à quelqu’un de vous fournir une liste de fournisseurs de soins « LGBT-friendly » s’il y en a une. Les organismes de lutte contre le sida et les centres de santé des femmes pourraient également vous offrir une référence utile.
  3. Appelez le médecin et demandez-lui s’il a déjà soigné des clients LGBT. Renseignez-vous sur ses connaissances en ce qui concerne les préoccupations de santé des LGBT.
  4. Visitez le cabinet ou la clinique du médecin pour déterminer si l’ambiance est accueillante et si vous vous y sentez à l’aise.
  5. Si vous avez l’impression que votre fournisseur de soin n’est pas bien disposé à l’égard des LGBT, n’ayez pas peur de lui parler de vos besoins ou d’aller ailleurs s’il n’est pas prêt à travailler avec vous.

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Q : À quelle fréquence les lesbiennes et les bisexuelles devraient-elles passer un test de Pap ? On m’a donné plein de réponses différentes au fil des ans.

R : Beaucoup de lesbiennes et bisexuelles – ainsi que leurs fournisseurs de soins – continuent d’être mal informées au sujet de la nécessité de passer régulièrement un test de Pap, et le mythe courant selon lequel les lesbiennes ne courent pas de risque de cancer du col utérin et n’ont donc pas besoin de passer un test de Pap ne s’essouffle pas.

Certains types du virus du papillome humain (VPH) peuvent causer le cancer du col utérin, et les recherches ont démontré que le VPH peut se transmettre sexuellement d’une femme à l’autre par les contacts avec la peau des organes génitaux ou encore sur les doigts ou les jouets sexuels partagés.

Les lignes directrices sur le dépistage actuellement en vigueur en Ontario recommandent que toutes les femmes sexuellement actives passent un test de Pap annuellement. Lorsque vous aurez reçu trois résultats normaux consécutifs, vous pourrez passer le test tous les deux ou trois ans seulement, mais n’oubliez pas de confirmer cette possibilité auprès de votre médecin ou infirmière.

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Q : J’ai lu quelque part que le taux d’obésité était beaucoup plus élevé chez les femmes gaies que chez les hétérosexuelles. Est-ce que la corpulence est considérée comme un atout dans la communauté lesbienne ? Les raisons sont-elle strictement culturelles, ou y a-t-il une explication médicale également ?

R : Plusieurs études de recherche laissent en effet croire que la prévalence de l’obésité est plus élevée chez les lesbiennes. Lors d’une étude publiée en 2007 dans l’American Journal of Public Health, les lesbiennes étaient deux fois plus susceptibles que les femmes hétérosexuelles de faire de l’embonpoint ou d’être obèses.

Nous ne savons pas exactement pourquoi les lesbiennes sont plus sujettes à l’obésité, mais des études portent à croire que cette différence est attribuable à des facteurs sociaux, comportementaux et culturels. Même si on constate généralement beaucoup de diversité dans les communautés lesbiennes, les attitudes à l’égard du poids et de la forme corporelle sont différentes de celles des hétérosexuelles. Les études indiquent que les lesbiennes ont une meilleure image corporelle et de meilleures normes culturelles en ce qui concerne l’acceptation d’un poids corporel plus lourd. Les diètes et la recherche de la minceur sont rejetées comme les résultats de normes de beauté hétérosexuelles, et les corps de toutes les formes et de toutes les tailles sont considérés comme désirables.

Parmi les autres facteurs pouvant contribuer à l’obésité chez les lesbiennes, mentionnons le stress causé par les préjugés et la discrimination, un stress qui risque de pousser certaines femmes à chercher du réconfort dans la suralimentation. Certains chercheurs laissent également entendre que les femmes qui ont vécu un « coming out » très éprouvant sur le plan psychologique sont beaucoup plus susceptibles d’être à l’aise dans leur corps et de se préoccuper moins de leur poids. Un surplus de poids pourrait également offrir une certaine protection contre l’attention non désirée des hommes.

Dans le contexte plus large des soins de santé, les barrières que les lesbiennes doivent surmonter pour accéder aux soins pourraient être considérées comme un facteur contribuant d’ordre médical. Pour les lesbiennes et les autres femmes ayant des relations sexuelles avec des femmes, trouver des soins de qualité peut être difficile. Certains fournisseurs de soins risquent d’être homophobes ou de ne pas savoir grand-chose à propos des préoccupations de santé de cette population. Certaines femmes évitent simplement de se faire soigner, ce qui réduit leurs chances de recevoir de l’information sur la santé et des conseils médicaux concernant leur poids corporel.

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Q : J’ai presque atteint le troisième âge et, il y a cinq ans, mon frère est devenu ma sœur. Elle est très active dans sa communauté. J’ai encore de la difficulté à m’adapter à ce changement. J’ignorais qu’elle avait eu des problèmes dans son passé, et cette nouvelle m’a abasourdie. Au début, je me sentais comme une orpheline car nos parents sont décédés tous les deux.

Maintenant, nous avons une bonne relation. Il reste que je trouve les blagues de mon mari et de mes amis au sujet de sa chirurgie offensantes. Pourriez-vous me conseiller des brochures ou des livres qui m’aideraient à comprendre ce que vit ma sœur. Mes propres investigations me font croire que cette chirurgie était inévitable, vu les médicaments que maman a dû prendre pendant qu’elle était enceinte de ma sœur.

R : Personne ne peut expliquer précisément de quelle façon l’identité sexuelle est déterminée. Cependant, la plupart des experts s’entendent pour dire que c’est attribuable à des facteurs biologiques complexes, notamment des influences génétiques, les taux hormonaux prénatals, les expériences de l’enfance au sein de sa famille et d’autres facteurs sociaux.

Peu importe l’origine de l’identité transsexuelle ou transgenre, il est important que les gens soient aimés et acceptés par leur proches, et il semble que vous offriez un soutien précieux à votre sœur. Il arrive assez fréquemment que les proches d’une transsexuelle éprouvent un sentiment de perte lorsque celle-ci leur annoncent ce qu’elle vit, mais il faut savoir que cet être cher est le même qu’auparavant dans le fond. Il y a beaucoup de choses à apprendre pour tout le monde concerné, et c’est formidable que vous essayiez de vous éduquer.

Voici une liste de ressources (en anglais seulement) qui pourraient vous être utiles :

1. Trans Forming Families: Real Stories About Transgendered Loved Ones, édité par Mary Boenke (2003). Disponible au aiyiyi.com/transbook.

2. The Transgender Child: A Handbook for Families and Professionals, par  Stephanie Brill et Rachel Pepper (2007). Disponible au www.genderspectrum.org

3. Families In TRANSition: A Resource Guide for Parents of Trans Youth, par la Dre Nicola Brown (2008). Disponible au www.ctys.org/about_CTYS/FamiliesInTransition.htm

4. Answers to Your Questions About Transgender Individuals and Gender Identity, par l’American Psychological Association (2006). Disponible au www.apa.org/topics/Gender3.pdf

5. Our Trans Children, by the PFLAG Transgender Network (2007). Disponible au
www.pflag.org/fileadmin/user_upload/Publications/OTC_5thedition.pdf

Si vous aimeriez parler avec quelqu’un qui a partagé votre expérience, l’association PFLAG Canada organise des groupes de soutien dans plus de 70 collectivités partout au Canada. Vous pouvez visiter www.pflagcanada.ca/ pour voir s’il y en a un dans votre région.

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Q : Bonjour. Je suis une femme hétérosexuelle, mais je trouve que je suis parfois attirée par les femmes. J’ai cependant du mal à concevoir que je puisse agir en réponse à ces sentiments car cela me paraîtrait tellement étrange (pour moi) étant donné mon éducation, mes amies, etc. Je pense souvent que si les conventions sociétales n’étaient pas aussi fortes, beaucoup plus de gens avoueraient leur attraction pour des individus des deux sexes, et non seulement pour le sexe opposé. Et ils n’auraient pas peur d’explorer de nouvelles relations avec des personnes qui sont tout simplement du même sexe. Pensez-vous que les gens ont raison quand ils disent que tout le monde a des prédispositions bisexuelles jusqu’à un certain point ?

R : La croyance selon laquelle tout le monde est en fait bisexuel est assez répandue et peut être attribuée dans une grande mesure aux recherches sur les comportements sexuels humains réalisées par Alfred Kinsey dans les années 1940 et 1950. Le Dr Kinsey a introduit le concept de l’échelle Kinsey, laquelle situe les comportements sexuels de chaque personne sur une échelle de 0 à 6, le zéro signifiant exclusivement hétérosexuel et le 6, exclusivement homosexuel.

Dans ses conclusions, le Dr Kinsey a laissé entendre qu’une portion significative des membres de son échantillon avaient à la fois des « expériences ou réactions » hétérosexuelles et homosexuelles, même si seule une très faible minorité d’adultes s’identifiaient comme des bisexuels. Tout comme les recherches du Dr Kinsey, la majorité des études réalisées depuis lors ont mis l’accent sur les comportements sexuels, se concentrant principalement sur les comportements homosexuels dans les études sur l’orientation sexuelle.

Alors, sommes-nous vraiment bisexuels ? Les données sont difficiles à réunir parce que la sexualité est un phénomène complexe qui implique non seulement le comportement, mais aussi l’identité et l’attraction sexuelles, lesquelles peuvent différer beaucoup d’une personne à l’autre. De plus, beaucoup de personnes hésitent à répondre aux questions des sondages sur la sexualité, et la définition de la bisexualité est fondée sur des normes différentes selon l’étude en question.

À en croire les études limitées réalisées au cours des 50 dernières années, on peut tout de même conclure que quelque 10 à 20 pour cent de la population ont éprouvé une attraction homosexuelle ou sont passés à l’acte à un moment donné de leur vie. Selon un sondage récent réalisé par les Centers for Disease Control (CDC) et le National Center for Health Statistics (NCFHS) des États-Unis, 92 pour cent des hommes âgés de 18 à 44 ans se disaient attirés « par les femmes uniquement ». Quant aux femmes du même groupe d’âge, elles se disaient « attirées par des hommes exclusivement » dans une proportion de 86 pour cent.

Ces résultats portent à croire que la plupart des gens n’éprouvent pas d’attraction bisexuelle. Cela dit, comme vous l’avez mentionné, l’homophobie et la biphobie continuent d’avoir un impact énorme sur la capacité des gens d’avouer leurs attractions homosexuelles et de passer à l’acte avec des partenaires du même sexe. En bout de ligne, tout le monde doit faire ses propres choix quant à l’expression de sa sexualité, quel que soit l’objet de son désir.

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Q : En ce qui concerne la santé mentale, je suis toujours curieuse de savoir si les taux de dépression et de troubles anxieux sont plus élevés dans la communauté LGBT à cause de l’isolement, de la solitude et de l’intolérance des proches. Ma question : une personne qui vient d’arriver en ville après être « sortie du placard », où peut-elle aller pour trouver du soutien de la part de ses semblables ? Je ne parle pas des bars ou des endroits pour draguer, mais seulement des endroits où on peut se faire des amis qui comprennent sa situation. Cela est particulièrement difficile dans la banlieue car dans la ville les gens ont tendance à être plus ouverts et disponibles et il y a plus de ressources. Merci.

R : Les raisons pour lesquelles une personne peut éprouver des problèmes émotionnels ou psychologiques sont multiples, mais les LGBT font face à des défis particuliers à cause de l’homophobie, la biphobie, la transphobie et l’hétérosexisme. Les attitudes négatives, la discrimination et la violence peuvent exacerber la détresse mentale et émotionnelle éprouvée par les personnes gaies et transgenres. « Sortir du placard » peut être très éprouvant sur le plan affectif pour les nombreuses personnes qui sont rejetées par leurs proches. Mais cacher son identité est stressant également parce que cela risque d’aboutir à l’isolement et d’engendrer la peur d’être découvert. Ces stresseurs ont un impact profond sur l’estime de soi et le sens de l’identité des personnes LGBT, et les études révèlent en effet que les taux de dépression et de troubles anxieux sont plus élevés chez cette population comparativement aux hétérosexuels.

Selon une étude réalisée en 2008 par Statistique Canada, 11 pour cent des hommes gais et 11 pour cent des hommes bisexuels disaient avoir souffert d’un trouble de l’humeur, et 10 pour cent des hommes gais et 9 pour cent des hommes bisexuels auraient été atteints d’un trouble anxieux, comparativement à 4 pour cent et à 3 pour cent des hommes hétérosexuels, respectivement.

Quant aux femmes, 11 pour cent des lesbiennes et 25 pour cent des femmes bisexuelles affirmaient avoir eu un trouble de l’humeur et 9 pour cent des lesbiennes et 18 pour cent des femmes bisexuelles disaient avoir souffert d’un trouble anxieux, comparativement à 8 pour cent et à 6 pour cent des femmes hétérosexuelles, respectivement. Même s’il existe peu de données publiées sur les taux de dépression et d’anxiété chez les transsexuels et les transgenres, les études laissent croire que les personnes trans éprouvent ce genre de problème de santé mentale plus souvent que la population générale.

Quel que soit votre état de santé mentale, il est utile de prendre contact avec d’autres personnes pour obtenir du soutien. Selon l’endroit où vous vivez, il se peut qu’il existe des groupes LGBT à vocation sociale ou récréative, tels qu’un groupe de lecture ou une équipe de soccer, où vous pourriez rencontrer d’autres personnes gaies ou transgenres. Ou vous pourriez songer à faire du bénévolat pour un programme ou organisme LGBT près de chez vous, tel le comité d’organisation de la fierté gaie local. Enfin, il existe des églises qui ont la réputation d’accueillir chaleureusement les LGBT, y compris l’Église communautaire métropolitaine, l’Église unie du Christ et l’Église unitarienne.

Alors que la plupart des gens considèrent l’Internet comme un lieu de rencontre amoureuse ou sexuelle, c’est également un excellent endroit pour se trouver des amis. Vous y trouverez également de l’information sur les groupes et les événements LGBT dans votre localité. Enfin, vous pourriez lancer vous-même un nouveau groupe axé sur une activité que vous aimez déjà, tel un groupe de lecture ou de cinéma, et inviter d’autres LGBT à s’y joindre.

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Q : Je suis une femme hétérosexuelle de plus de 50 ans. Qu’est-ce que je devrais faire si je rencontre un homme qui me donne l’impression d’être bisexuel ? S’il s’intéresse à moi, est-ce acceptable que je lui demande s’il est bisexuel ? Serait-il possible qu’il aime davantage les hommes que les femmes, ou l’attraction pour les deux est-elle pareille ?

R : L’attraction sexuelle est une des expériences les plus fascinantes et les plus profondément personnelles que nous connaissions en tant qu’êtres humains. Nous sommes tous attirés par d’autres personnes à cause d’un mélange de facteurs physiques, mentaux et spirituels, et les bisexuels ne font pas exception. Certains bisexuels s’intéressent aux deux sexes dans la même mesure, et d’autres non. Pour certains, l’attraction qu’ils éprouvent pour un sexe se manifeste d’une manière différente que pour l’autre, et certains bisexuels disent préférer un sexe à l’autre. D’autres encore affirment que le sexe de la personne n’a pas d’importance et que l’attraction est fondée sur les qualités de l’individu.

Si vous fréquentez un homme bisexuel, pensez aux raisons pour lesquelles il serait important que vous sachiez son orientation sexuelle et posez-vous la question suivante : est-ce que les choses seraient différentes s’il était hétérosexuel ? Si vous avez des préoccupations concernant ses autres fréquentations ou son passé sexuel, vous devriez les soulever tout comme vous le feriez dans n’importe quelle relation. Savoir qu’une personne est bisexuelle pourrait être important, mais cela ne vous apprendrait que peu de choses sur cette personne, donc considérez cela comme un seul trait du partenaire que vous apprenez à connaître.

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Q : Ma fille a 14 ans. Elle nous a dit qu’elle est lesbienne ou bisexuelle (elle n’est pas encore certaine). Mon mari et moi avons une bonne relation avec notre fille et elle a été capable de nous parler de n’importe quoi jusqu’à présent.

Malheureusement, je suis un peu perdue en ce qui concerne les préoccupations de santé sexuelle des lesbiennes – on trouve facilement des guides pour les parents d’enfants hétérosexuels –, mais rien pour les adolescentes bi ou lesbiennes. Pourriez-vous me proposer quelque chose ? Notre fille a une petite amie, donc je veux être en mesure de répondre à ses questions au fur et à mesure qu’elles surgissent.

R : Parler des questions sexuelles peut être difficile tant pour les parents que pour les ados, et il est merveilleux que vous ayez déjà établi des voies de communication ouvertes avec votre fille. Les questions qu’elle se pose actuellement sont dans une grande mesure les mêmes que pour les ados hétérosexuels de son âge – comment avoir une relation saine, comment pratiquer le sécurisexe et la contraception, comment faire des choix responsables et comment profiter de la jouissance sexuelle, etc.

Malheureusement, nous ne connaissons aucune ressource qui aborde spécifiquement la question de la santé sexuelle des ados bi ou lesbiennes, mais il existe plusieurs autres ressources qui pourraient être utiles. YouthResource est un site créé par et pour des jeunes LGBT qui fait la promotion d’une approche holistique en matière de santé sexuelle. Il existe également d’autres sites Web consacrés à la santé sexuelle de la jeunesse que nous pouvons recommander, notamment Go Ask Alice!, Teenwire et Scarleteen.

Pour obtenir plus d’information et de ressources sur la santé sexuelle et les infections transmises sexuellement chez les femmes ayant des relations sexuelles avec d’autres femmes, visitez LesbianSTD.com, un site Web surveillé par la Dre Jeanne Marrazzo de l’University of Washington à Seattle.

Si votre fille aimerait en savoir plus sur les activités sexuelles lesbiennes, il existe deux guides populaires à l’intention des adultes: The Whole Lesbian Sex Book: A Passionate Guide for All of Us (2004) par Felice Newman et The New Lesbian Sex Book (2008) par Wendy Caster.

(Veuillez noter que la plupart de ces ressources existent en anglais seulement.)

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Q : Dans ma famille, nous sommes relativement ouverts à l’égard du choix de notre fille et nous tâchons de respecter sa dignité et sa confidentialité. Sa copine doit toutefois cacher son orientation de son père, qui ne serait pas capable d’accepter son choix. Nous communiquons ouvertement avec sa mère, et tout va bien de ce côté. Avez-vous des conseils à nous proposer pour faire face à cette situation ?

R : Sortir du placard doit être un choix, et la copine de votre fille a le droit de révéler son orientation sexuelle à qui elle veut, quand elle le veut. Avouer son homosexualité comporte une prise de risques importants et, pour de nombreuses personnes, cela donne lieu à des pertes significatives et peut même être dangereux sur le plan physique. La copine de votre fille a ses propres raisons pour ne pas dévoiler son orientation à son père et il est important que vous lui offriez votre soutien, votre acceptation et votre respect pour son choix, même si c’est difficile ou gênant pour vous à l’heure actuelle.

Souvent, les proches qui se trouvent dans ce genre de situation ne savent pas quoi dire à la personne qui n’est pas au courant, ou bien ils ont l’impression de lui mentir. Mais chaque fois qu’une LGBT dévoile son orientation, c’est un acte de confiance et il est important que vous respectiez cette confiance et que vous protégiez sa vie privée. Si vous craignez de vous trouver dans une situation où vous vous sentiriez mal à l’aise d’interagir avec les parents de la copine de votre fille, songez à lui en parler à l’avance afin que tout le monde puisse se préparer à une telle éventualité. 

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Q : J’ai une question au sujet des portraits stéréotypés des homosexuels qui sont véhiculés par la culture populaire. Pourquoi les hommes gais sont-ils habituellement dépeints comme des gens insouciants, flamboyants, créatifs et heureux, alors que les lesbiennes sont dépeintes comme des militantes coléreuses et mal fagotées qui détestent les hommes ? (J’ai honte de l’avouer, mais il y a souvent une part de vérité dans ces portraits généralisés.) D’où viennent ces stéréotypes et croyez-vous qu’ils cesseront de se perpétuer un jour ?

R : Les stéréotypes sont utiles aux médias parce qu’ils servent de codes et fournissent rapidement une identité commune pour une personne ou un groupe qui est facilement reconnaissable par le public. Ils reflètent de simples idées par rapport à la classe, l’ethnie, le sexe, l’orientation sexuelle, le rôle social ou l’occupation de la personne. Puisque tout le monde apprend les même stéréotypes, nous les reconnaissons tous, peu importe si nous sommes d’accord avec eux ou pas.

Les stéréotypes au sujet des hommes gais et des lesbiennes ont surgi parce que, souvent, ces hommes et ces femmes ne se conforment pas aux rôles, aux règles et aux limites sexuels traditionnels. Dans notre culture, on tient pour acquis que l’hétérosexualité est la « norme », donc si un homme est attiré par un autre homme, c’est comme s’il adoptait le rôle sexuel et la féminité d’une femme, aux yeux de plusieurs. De façon semblable, si une femme est attirée par une autre femme, on la voit dans le rôle sexuel de l’homme. Pour les lesbiennes, le sexisme joue un rôle aussi : si une femme est attirée par d’autres femmes, disent certains, soit elle déteste les hommes, soit elle est trop laide pour susciter l’intérêt sexuel d’un homme.

Même si les stéréotypes peuvent être fondés sur l’observation de certains membres d’un groupe donné, ils comprennent habituellement des suppositions  inexactes et souvent négatives que l’on utilise pour expliquer et justifier les différences entre divers groupes. Alors, même s’il existe des indices pour les étayer, les stéréotypes que vous avez mentionnés sont souvent utilisés pour condamner, rejeter ou trivialiser les lesbiennes et les hommes gais et pour cautionner les préjugés et la discrimination dont ils sont victimes.

Mais c’est sûr que les stéréotypes changent au fil du temps et nous commençons à voir des portraits plus réalistes des LGBT dans la culture populaire. À mesure que les conditions juridiques et les attitudes de la société évolueront, ces stéréotypes finiront sans doute par paraître embarrassants et démodés aux publics de demain.

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